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A.L.M.A., 2019, Jean-Maxime Dufresne
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Jean-Maxime Dufresne, Bruno Goosse et Denis Rousseau

Vernissage le jeudi 16 janvier à 17h à Occurrence

A.L.M.A | Jean-Maxime Dufresne

A.L.M.A. (Acqua, Luce, Materia, Aria) est un travail d’investigation sur les atmosphères de pouvoir d’une cité comme Rome – et l’environnement construit qu’elles ont influencé -, en explorant les formes d’excès et de défaillances dans la manipulation de ressources rattachées à l’eau, la lumière, la matière et l’air. Des éléments fondamentaux à travers lesquels elle a historiquement consolidé sa puissance, et de manière plus sophistiquée, par l’orchestration d’ambiances autour de ceux-ci, avec différentes formes de calibrage sensoriel, de scénographie urbaine ou de simples opérations de maintenance. Parmi ces atmosphères troubles, mentionnons une crise récente d’approvisionnement en eau en pleine canicule, qui remet en perspective une puissance associée au contrôle de ressources hydrauliques à travers l’érection d’aqueducs et de fontaines baroques ; l’ode à la lumière et le recours à des stratégies d’éclairage nocturne pour magnifier des zones de la ville au détriment d’autres lieux ; l’extraction et les usages ramifiés du marbre blanc de Carrare comme un matériau codifié dans l’architecture de pouvoir ; le monitoring de l’air ambiant, que ce soit celui d’un milieu muséal chargé de dioxyde de carbone avec les afflux du tourisme, ou la présence de contaminants aériens qui accélèrent le vieillissement de pins parasols introduits par le régime mussolinien pour façonner l’horizon de la ville avec leurs canopées.
— Jean-Maxime Dufresne

Échoué n’est pas coulé | Bruno Goosse

Réalisé en 1937 par l’architecte Antoine Courtens, un étonnant bâtiment art-déco en béton armé gît, abandonné au bord du lac Masson, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides.

« Échoué n’est pas coulé » est l’exposition d’une enquête relative à cet édifice.

Rêvée par le jeune homme d’affaires belge Louis Empain, après qu’il ait fait construire par Michel Polak, à Bruxelles, une maison prestigieuse qui porte toujours son nom, la construction du domaine d’Estérel a d’abord été une opportunité d’emploi pour la communauté de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Presque tous les habitants de la municipalité ont travaillé à sa construction. Beaucoup y ont ensuite été engagés comme personnel de service. Le domaine s’adresse à des étrangers fortunés qui viennent profiter de l’air pur et de la beauté de la nature.

Après quelques années de fonctionnement, l’infrastructure est abandonnée et n’intéresse plus personne.

Fin des années 70, les citoyens de Sainte-Marguerite se fédèrent autour de ce qu’il reste du projet d’Empain. Le centre communautaire ruiné devient alors la mairie et le centre culturel de la municipalité. De nombreux habitants travaillent bénévolement à sa rénovation.

Malheureusement, ce projet communautaire demande une certaine anticipation qui n’est pas totalement partagée. Certains sont plus cigales que fourmis et il n’a pas été possible d’entretenir le bâtiment avec le soin qu’il nécessitait. D’où, le temps venu, l’abandon du navire.

À ce moment là, comme une mutinerie, une défense du bâtiment et de ce qu’il représente s’organise. Des citoyens se lèvent emmenés par l’un d’entre eux qui fait campagne sur la protection du bâtiment et devient le nouveau maire. Le bâtiment est classé.

Reste alors à accorder ces valeurs entre elles et faire en sorte que la valeur patrimoniale devienne un enjeu communautaire. C’est un peu où nous en sommes aujourd’hui.

L’exposition présentée à Occurrence confronte ainsi les différentes lectures de cette construc
— Bruno Goosse

Les Inéluctables | Denis Rousseau

Dans le cadre de notre 30ème anniversaire, nous invitons tout au long de l’année dans la programmation des Inéluctables, des artistes qui ont su contribuer à la diversité des pratiques exposées à Occurrence depuis son ouverture en 1989. Ce programme se poursuit avec Denis Rousseau qui, en mai 2002, présentait Synapses et autres phénomènes.

Denis Rousseau vit et travaille à Montréal. D’abord sculpteur, mais aussi praticien de la photographie et de la vidéo, cet artiste polyvalent a démontré une prédilection pour l’installation et l’art cinétique. Il explore actuellement des formes biomorphiques où les volumes souples, sinueux et allongés sont fabriqués de silicone ou de polyuréthane. Ces matériaux flexibles enveloppent des mécanismes et des composantes électroniques permettant l’articulation, l’agitation, le frétillement des formes. Le mouvement est déclenché selon le rythme établi ou au passage d’un visiteur, de façon planifiée ou aléatoire et il trouve écho dans des bandes vidéo ou sonore accompagnant les sculptures. Des thèmes variés tels que la naissance, le sacré, la mort, la sexualité servent d’assises référentielles à ces objets dont le rapport au corps est manifeste.

— Denis Rousseau