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Camila Vásquez et Ellie Ga

Exposition du 1er octobre au 30 mars à la Galerie d'art Foreman

Repenser la famille. De l’utopie aux nouvelles stratégies
Camila Vasquez
Commissaire Gentiane Bélanger

Dans le cadre de la résidence d’artiste 2019-2020 du Laboratoire communautaire d’art (ArtLab) de la Galerie d’art Foreman, l’artiste Camila Vasquez est invitée à développer un projet artistique tissant des liens concrets avec une collectivité locale. Repenser la famille : de l’utopie aux nouvelles stratégies est un laboratoire socio-artistique portant sur la constitution et la transformation de la famille nucléaire dans nos sociétés contemporaines. Il s’agit d’une recherche qui utilise l’auto-ethnographie comme outil pour étudier l’utopie, les échecs et les stratégies d’adaptation que vivent les couples et les familles face aux défis de l’ère actuelle. Le projet prend racine dans le village de Waterville et ses environs, en Estrie, au Québec.

Ce projet repose sur la participation de longue haleine de huit familles locales, qui se sont réunies au cours de la dernière année dans le cadre d’ateliers multidisciplinaires, de rencontres et de séances d’art performance. Interrompu par la pandémie, le projet a été appelé à se transformer et à migrer vers une plateforme numérique. De septembre à décembre 2020, le projet prend forme en ligne et se ramifie dans une accumulation d’œuvres numérique qui resteront par la suite disponibles sous forme d’archive. Les traces administratives du projet sont rassemblées et exposées à la Galerie d’art Foreman, plaçant ainsi le soubassement pragmatique du projet en contraste flagrant avec une série photographique autoréférentielle, en rapport citationnel avec le travail intimiste de Sally Mann.

Ce projet s’est développé en partenariat avec le Centre communautaire de Waterville et avec la collaboration de 0/1 Hub numérique de l’Estrie.

Gyres, et autres dérives
Ellie Ga
Commissaire Gentiane Bélanger

Les construction narratives d’Ellie Ga se déploient comme des constellations. Elles tissent ensemble des géographies, des champs de connaissance, des souvenirs personnels et des récits collectifs, révélant au gré des méandres des liens ténus et insoupçonnés entre des idées disparates. Son approche typiquement non linéaire au récit donne lieu à une forme singulière de connaissance errante, incarnée dans un assemblage de photographie, de film, de dessin et d’oralité, et produisant du sens à partir d’information désordonnée, de perspectives concurrentielles sur le monde et de fragments anecdotiques.

Au cœur de cette exposition se trouve une œuvre maîtresse qui exemplifie à merveille la démarche de l’artiste. Gyres est une série de courtes vidéos composées d’une centaine de photographies transparentes filmées sur deux tables lumineuses et d’un récit en voix off de l’artiste qui parcourt une série d’expériences, de conversations et de géographies. Cette installation filmique bâtit sa complexité narrative par l’accumulation incrémentielle d’images dont la portée change au gré des courants narratifs, un peu comme des sédiments dans l’océan. Les images stagnent momentanément au centre de la projection, se font ensevelir par des images subséquentes, puis se trouvent éventuellement brassées et évacuées de l’image.

En océanographie, les gyres ou tourbillons océaniques (gyros, en grec : un cercle, un anneau) sont une combinaison de vents et de courants qui produisent des tourbillons d’eau dans l’océan. Des débris sont souvent pris dans ces gyres, et lorsque les gyres les libèrent, ils échouent sur le rivage. Ellie Ga explore la façon dont les débris flottants peuvent évoquer ce qui est laissé derrière eux et ce qui ne cesse de refaire surface.