Hélène Roy au Centre SAGAMIE

Hélène Roy au Centre SAGAMIE
Programme de soutien à la recherche et à la création en art actuel

Atelier rouge : Visions multiples: Chant cinquième : Hommage No 7.
Ce projet appartient au vaste projet de création : Des chants comme des pensées lâchées par le souffle

Petite mise en contexte :

« Les chants sont des pensées lâchées par le souffle lorsque les gens sont émus par de grandes forces et que les paroles ne suffisent plus » Orpingalek, poète esquimau.

Cette phrase lue par hasard, a servi d’élément déclencheur à la mise en forme d’un vaste chantier de création amorcé depuis 1995 et devant se poursuivre aussi longtemps que durera ma vie active d’artiste en arts visuels. Cette phrase poétique s’est naturellement associée à mon livre fétiche Les Chants de Maldoror de Lautréamont.

Le contenu de ce livre m’avait provoqué au tout début de ma carrière artistique, et avait fait naître l’image. En 1995, je décide que la forme physique du livre, sa structure, deviendrait le prétexte conceptuel à une grande aventure de création, une sorte de projet de vie. Je lui donne alors le rôle d’espace mental, sorte d’atelier/laboratoire…ou toutes les expériences de création actuelles ou futures se doivent d’être liées et sans relâche relancées l’une par l’autre. Pour être plus précise, tout mon travail de création porte sur la déconstruction de ce livre comme espace expérimental . Cela m’amène à transposer chaque chapitre, chaque page… en un projet de création autonome, tout en appartenant au même système combinatoire et reflétant les mêmes pensées souffléesà l’image. Je développe librement de nombreuses séries plus ou moins longues, jumelées à des expériences diverses de création….toujours renouvelées par des prétextes inattendus, mais devant au bout du compte établir des liens de connivence tant sur le plan du sens que celui de l’esthétique.

Description du projet :

Atelier rouge : Visions multiples : Chant cinquième : Hommage No7. Ce projet de création rend hommage à Matisse en me servant de son tableau L’atelier rouge (1911) comme prétexte à l’élaboration d’une nouvelle recherche artistique. Dans cette toile révolutionnaire, Matisse réduit les murs et le sol de l’atelier à une seule surface continue du même rouge uniforme. Il disait  » Une toile est un plan, admettons-le une fois pour toutes ».

C’est son but obsessionnel de simplifier la peinture ,d’épurer, d’atteindre l’essentiel en rendant indissociables les formes et les couleurs pour l’affirmation d’une composition juste qui me provoque tout particulièrement. Cela me rejoint dans l’immense désir de créer les accords justes, d’atteindre l’équilibre de l’unité et de l’harmonie dans le multiple , parce qu’en fait, je travaille de façon sérielle, et cherche malgré l’apparente complexité des nombreuses séquences mises en scène. à créer entre elles, un effet de solidarité et d’unité tant du côté de la sémantique que de la forme .

Mon défi ici, est de m’approprier l’espace d’exposition comme canevas pour l’installation d’un seul tableau L’atelier rouge : Visions multiples , en espérant répondre à cette phrase de Matisse :  » Tout ce qui n’a pas d’utilité dans le tableau, est par le fait même nuisible.  » Faire donc de ce lieu, une surface à peindre, aplanir l’espace de présentation , réussir une composition picturale juste en évitant les choix superflus : cela en me servant d’une cinquantaine d’images autonomes pouvant très bien vivre chacune pour elle-même.

À la base, mon travail est alimenté par les images numérisées d’œuvres réalisées antérieurement à l’atelier. Ces images servent de banque de données et nourrissent initialement l’aventure de création. La majeure partie du travail de recherche se fait à l’ordinateur. C’est avec cet outil que je tente d’élaborer de nouvelles générations d’images passibles de devenir des œuvres à part entière . Les images sont conçues et abordées en considérant leur nouvelle réalité numérique. C’est un travail proche du collage, qui oblige constamment l’état d’alerte et la capacité d’assumer des choix. Je favorise les reprises, les fragmentations, les associations, les déplacements, les rencontres imprévues, les subversions comme aussi les incohérences apparentes pour en fin de parcours en arriver à la création d’un nouveau lieu plastique autonome et signifiant. Le but étant d’établir des liens de complicité et de relance entre le travail de création picturale et les créations numériques.

À la fin de cette étape de recherche, un choix rigoureux sera posé. Au moins (20) images seront imprimées grand format de 183 cm. X 153 cm. sur toile d’artiste, qualité archive. Et ( 30 ) autres images seront probablement imprimées aussi sur de la toile d’artiste et montées par la suite sur faux cadres. Chacune d’elles aura la dimension finale de 61 cm. x 61 cm. L’ensemble recomposé représentera l’unique tableau L’atelier rouge : Visions multiples .

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