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The Silver Cord de John Heward et Jean-François Lauda

Vernissage le jeudi 13 septembre à 17h à la Fonderie Darling

« Ce sont les bribes d’une paresse, donc d’une élégance extrême ; comme si, de l’écriture, acte érotique fort, il restait la fatigue amoureuse : ce vêtement tombé dans un coin de la feuille. » Roland Barthes

« Hold onto the silver cord » conseillait l’artiste Agnes Martin à ses étudiants, leur recommandant d’éviter toute forme de distraction afin de rester concentrés sur leur travail et donner à l’inspiration les meilleures chances de se produire. Des liens esthétiques se créent d’une génération d’artistes à l’autre, et ce qu’on appelle l’inspiration, lien « divin » entre la pensée et la forme, se bâtit souvent dans le sillage du travail de maîtres à penser. Cette filiation semble bien réelle entre les œuvres de l’artiste établi John Heward et celles de Jean-François Lauda, qui tous deux placent l’improvisation au cœur de leurs recherches esthétiques.

Engagés dans l’abstraction, les deux peintres livrent des compositions expressives dans lesquelles la gestuelle et la géométrie à la fois libèrent et contiennent la surface picturale. S’offrant au regard telle une composition libre et dynamique, les œuvres rassemblent tout autant qu’elles transcendent différents codes esthétiques.

Présentées dans les espaces industriels de la Fonderie Darling, la sculpturalité des toiles de Heward et les jeux d’échelle de celles de Lauda, accentuent leur expressivité et ouvrent un rapport physique aux œuvres. Chez Lauda, un large coup de brosse au scintillement argenté traverse de bas en haut la surface d’une des toiles, alors que d’infimes bâtonnets de couleur scandent le coin d’une autre. Chez Heward, les lambeaux de canevas suspendus, depuis le plafond jusqu’à toucher le sol, transmettent une forme d’inertie, de paresse, d’une élégance extrême, pour emprunter les mots de Barthes à propos des œuvres de Cy Twombly.

La présente exposition propose d’accentuer la complicité des deux artistes à la géométrie, d’une part les trois pans de toiles de Heward, noués bout à bout, soulignent et traversent verticalement la grande salle; d’autre part, une ligne horizontale se forme par la juxtaposition des tableaux aux mesures identiques de Lauda, placés sur le pourtour de la galerie.

The Silver Cord, ce lien intangible, trouve alors une résonnance dans la mise en espace des deux expositions.
texte de Caroline Andrieux