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Santaguida, Loranger et Lecours

Vernissage le vendredi 9 février à 17h à l'Écart

Nous vous attendons le 9 février pour le vernissage de trois nouvelles expositions qui ouvrent la saison hivernale! Ce sera également le lancement du livre Betting against Q de Jacinthe Loranger, un livre d’artiste en lien avec l’exposition qu’elle nous présente.

Roberto Santaguida (Montréal)
Osisko Tracks
Roberto Santaguida a d’abord posé l’objectif de sa caméra sur son propre quotidien. Quand il n’a plus rien eu à dire, il l’a tourné vers les autres, mais quelque chose manquait, comme une sensation d’engagement insuffisant, une impression de prendre sans donner en retour. Il a fallu passer à la suite logique des choses : le partage. En offrant des ateliers de création documentaire et en collaborant avec les membres de différentes communautés, Roberto souhaite créer des espaces inclusifs où les participant·e·s, peu importe leur parcours, se sentent en sécurité, accepté·e·s et libres d’échanger sans contrainte. En se liant aux membres de groupes trop souvent ignorés pour leur donner une voix dans l’espace public et déconstruire les stéréotypes, l’artiste croit avoir enfin atteint le plus haut niveau de satisfaction dans son rapport à sa discipline.
Pendant son passage à Rouyn-Noranda, Roberto compte réaliser une installation à partir de films documentaires réalisés avec un groupe d’étudiant.e.s du Centre Élizabeth-Bruyère. Si la création cinématographique pose effectivement les bases du processus, elle sert surtout de prétexte pour la recherche de nouveaux langages et la mise en œuvre d’une zone à l’écart du jugement et des exigences, où prévalent le plaisir et l’inclusion. Dans la mise en commun des savoirs et des expériences, Roberto trouve une voie vers la connexion avec l’autre et vers la guérison des blessures du passé. (texte de Gabrielle Izaguirré Falardeau)

Jacinthe Loranger (Montréal)
La Cabale
Jacinthe Loranger vient du monde de l’art imprimé, mais elle est loin de s’y limiter, au contraire. Elle déploie son art à travers une variété de techniques et de matériaux, de la céramique à la vidéo en passant par l’audio, toujours en conservant le ton dérisoire et le brin d’ironie qui lui sont propres.
Dans l’exposition La Cabale, elle s’intéresse aux discours conspirationnistes dont la pandémie de COVID-19 a amplifié la voix dans l’espace médiatique. En se penchant sur les propos des leaders complotistes, l’artiste prend la mesure de leur omniprésence et des tendances qui les transcendent, entre autres en ce qui a trait au mépris du corps des femmes. Elle intègre ainsi une nouvelle dimension politique et féministe à son art, mais garde l’image et le ton uniques qui le caractérisent. Ainsi, à travers une esthétique colorée et flamboyante frôlant parfois la caricature, l’artiste s’inspire de l’iconographie médiévale et des procès de sorcières, et recourt à la génération d’images par intelligence artificielle pour brouiller la frontière entre passé et présent, entre vrai et faux. En agrémentant son installation d’une trame sonore incluant des citations de productions médiatiques conspirationnistes et des projections vidéos, Jacinthe pose un regard fasciné et fascinant sur les récits du complot, et crée une mise en scène submersive où le réel fusionne avec l’absurde, et l’amusement avec l’inconfort. (texte de Gabrielle Izaguirré Falardeau)

Frédérique Lecours (Rouyn-Noranda)
Conversion
Du café céramique dont elle est co-propriétaire, Frédérique Lecours transforme la matière en objet d’art, les discussions en sources d’inspiration et les individus en communauté. À travers l’art et le processus du changement, avec toutes les remises en question et les chocs qu’ils engendrent, l’artiste cherche à mettre en lumière les contradictions qui nous habitent, tout en suscitant le partage des idées.
Pour Frédérique Lecours, Conversion s’inscrit dans la continuité d’une résidence réalisée à l’Écart en 2021, où s’est effectuée une première exploration des mots et de leurs sens. Cette fois, elle s’inspire de l’art japonais du Kintsugi en rassemblant les pièces de céramique abandonnées par des client.e.s pour en faire une nouvelle oeuvre; et recourt à la poésie par soustraction pour remanier la signification de textes d’anciens journaux et revues. Elle invite également des membres de son entourage à se prêter à ce dernier exercice. Les matériaux que sont les mots et la céramique se rejoignent ainsi dans le sens inédit qui leur est attribué ainsi que dans l’importance que prend l’intervention de l’autre dans leur métamorphose. Ils illustrent finalement une certaine dualité par leur nature tangible ou non, verbale ou matérielle.
De la conversion à la conversation, Frédérique Lecours invente et réinvente. Pour elle, ce qui se perd sert à créer, et créer signifie la transformation des choses, mais aussi de soi. (texte de Gabrielle Izaguirré Falardeau)