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© Steffie Bélanger
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Roberto Santaguida et Steffie Bélanger

Exposition du 28 octobre au 11 décembre à la Galerie B-312

Roberto Santaguida
Bossburg

Dans sa petite salle, la Galerie B-312 présente Bossburg, la nouvelle installation vidéo de Roberto Santaguida. Ayant en tête de défaire les a priori reliés aux maladies mentales en plus de mettre de l’avant la reconnaissance que tout le monde est différent, il a d’abord souhaité réaliser un documentaire avec un groupe de recherche en travaillant avec des participants qui ont des particularités neurologiques. Trois d’entre eux ont poursuivi les ateliers collaboratifs tout au long du processus. Ensemble, ils ont exploré des sujets qu’ils jugeaient importants. Sans hiérarchie ou sans compétences ou connaissances requises, ils ont regardé de vieux films familiaux et des vidéos disponibles sur internet, ont écouté les chansons préférées les uns des autres, ont parlé du cosmos, se sont remémoré leur enfance et des souvenirs vulnérables, ont noté des idées, ont partagé de la nourriture. Dans un deuxième temps, l’artiste a amassé une quantité de contenus vidéos que les participants lui ont transmis sur leurs champs d’intérêt. Prenant la forme d’enregistrements personnels ou de vidéos trouvés, Roberto Santaguida a effectué une sélection, a créé une séquence et a exécuté des modifications en colorant ou en floutant les images. C’est dans cette étape qu’il déjoue nos attentes quant à ce que pourrait être un documentaire. En misant sur les états et les perceptions, il en conçoit un qui est atypique et qui expose les points importants soulevés pendant les ateliers collaboratifs, comme le fait d’être à l’aise avec l’opacité, de laisser la place aux choses qui ne sont pas familières, de montrer la souffrance et la différence, et même de les faire scintiller. Par la triple projection et l’élaboration d’une bande sonore immersive, l’artiste donne à voir une œuvre poétique où la diversité est ressentie par le corps et les sens.
– Joannie Boulais

 

Steffie Bélanger
Servez à ce monsieur une bière et des kiwis

Dans la grande salle de la Galerie B-312, Steffie Bélanger nous convie à une soirée mondaine dans laquelle les sculptures deviennent hôte, convives et éléments du foyer. Avec l’exposition Servez à ce monsieur une bière et des kiwis, elle flirte plus que jamais avec l’ébénisterie par les matériaux et les techniques. Le bois est mis en valeur par la juxtaposition des essences d’amarante et de hêtre tandis que l’assemblage par emboîtement et le collage ont été privilégiés à la quincaillerie. Rappelant certains meubles ou objets traditionnellement conçus en bois, la sculpteure joue avec les codes de ce métier, mais elle nous souligne que là n’est pas son but. Par exemple, les verres à vin qu’elle a tournés sont bien exécutés, mais elle a volontairement omis de les évider. Elle nous ramène ainsi à un concept qui lui est cher : l’objet d’art est fondamentalement et heureusement inutile. Dans ce nouveau travail, le mouvement est évoqué par certains éléments – l’arche permet d’imaginer un bercement, la corde sous-entend qu’elle peut être tirée, etc. – ou alors, il est enclenché par motorisation. Par contre, l’activation potentielle n’est plus une priorité. Les rendant autonomes, elle anime ses sculptures de leur propre volonté et ce sont les titres qui deviennent des indices pour saisir leurs «pensées» ou leurs «émotions» : J’ai fait semblant d’aimer ça, J’ai pleuré dans mon char, Je t’ai même cité dans mon dernier rendez-vous chez la psy. Par le choix de ces titres, qui sont d’abord des phrases entendues ou lues quelque part – comme celui de l’exposition qui est une phrase préfabriquée dans le logiciel Word sous l’onglet d’insertion de filigrane –, Steffie Bélanger donne une deuxième piste de lecture à son travail. Conçue avec beaucoup d’humour, la soirée, festive au premier abord, s’avère contenir son lot de malaise et de mal-être; s’il y a rire, de quelle couleur serait-il? À expérimenter pour le découvrir.
– Joannie Boulais