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Crédit photo : M. Lalic, 2019 et C. Lemieux, 2019

Manuela Lalic et Corine Lemieux

Vernissage le samedi 14 septembre à 17h à OBORO

Manuela Lalic – Le quart de la moitié du vide

La colonne vertébrale de ce projet est constituée de tables usagées trouvées dans la rue. En affirmant l’idée d’un collectif hétéroclite mais tissé serré, elles imposent un point de vue en opposition avec un dispositif installatif fait de sections d’actions individuelles en attente d’être assemblées. Marqué par nos usages de vie basés sur l’obsolescence programmée, mon champ d’action passe par un déploiement d’énergie qui tourne à vide. En caricaturant les fondements de la sculpture qui opèrent par ajout et/ou soustraction de matière, mes actions se contredisent : ajouter pour diviser, trancher pour compléter, incruster pour évider, retirer pour emmurer. Le quart de la moitié du vide est un chantier exploratoire tragicomique qui renvoie à notre société capitaliste qui préfabrique et standardise nos désirs et nos besoins. Le sculptural et l’action s’ancrent dans une logique combinatoire : des sections ergonomiques se construisent par effets de ricochet. Comme si dans Les temps modernes, Charlie Chaplin pris dans le rythme d’une chaîne de montage pensée pour son corps, construit volontairement des accidents de parcours.

— Manuela Lalic

Corine Lemieux – L’un avec l’autre, en même temps

Avec ce projet, j’étudie comment sont reliés les différents aspects qui composent l’expérience de création. Je cherche à développer une qualité d’attention me permettant de voir ce qui est présent. Ainsi j’observe la nature des relations qu’entretiennent corps, esprit et environnement au travail du point de vue de la femme que je suis. L’attention est un des maillons centraux d’une chaîne d’actions : une séquence qui relie choix, intention, attention, geste et soin, pour ne nommer que ceux-ci. Cette chaîne constitue le pont entre ma vie intérieure et mon engagement avec le monde ; l’articulation entre les dimensions personnelle et collective. Il est question de l’acte de regarder lui-même, celui de se regarder en train de regarder et en train de faire afin de percevoir ce qui se trame au-delà de la surface, afin que l’attention s’engage et se responsabilise face aux interactions qui composent l’expérience. Je m’attarde au rôle du travail des mains et de l’attention dans le processus de prise de conscience et dans le développement d’une attitude attentionnée. Concrètement, le projet qui sera présenté consiste en une installation où dialoguent des photographies et des sculptures en argile se déployant dans l’espace de la galerie. Les images et les sculptures reflètent l’objet d’observation qu’est ici la pratique de création et sa capacité à activer de nouvelles relations.

— Corine Lemieux