Chargement Évènements
© Chloë Lum & Yannick Desranleau, The Garden of a Former House Turned Museum, image tirée de la vidéo, 2021. Avec l'aimable autorisation des artistes.
  • Cet évènement est passé

Les papillons écrasés rêvent aussi de Chloë Lum et Yannick Desranleau

Exposition jusqu'au 16 octobre à la Galerie B-312

AVEC LA COLLABORATION DE CAMILLE GEORGESON-USHER, DE MAUDE JOHNSON ET DE HIMALI SINGH SOIN

La Galerie B-312 est heureuse de présenter The Garden of a Former House Turned Museum, une œuvre vidéo inédite de Chloë Lum et Yannick Desranleau mettant en scène une correspondance chantée et dansée entre une interlocutrice contemporaine anonyme et l’écrivaine brésilienne Clarice Lispector. Abordant les thèmes du langage, de la nature, de l’urbanité et de la maladie – qu’ont en commun la protagoniste et l’écrivaine –, l’exposition sonde la porosité des frontières entre les humains et le monde matériel. Composée de quatre chansons, l’oeuvre métamusicale, qui offre un libretto au spectre de Lispector, puise dans la vie végétale de Rio de Janeiro, terre d’adoption de Lispector, ainsi que dans sa correspondance, que les artistes ont découverte en menant des travaux de recherche au Brésil. Lum, tout comme Lispector, souffre de douleur chronique. Au nom de l’artiste, la protagoniste fictive de la vidéo demande conseil à l’auteure, tout en imaginant de quelle façon la vie végétale qui prolifère dans la ville brésilienne a pu inspirer ces notions de croissance et de détérioration simultanée dans ses écrits.

Un monde fantastique m’entoure et m’est. J’entends le chant fou d’un petit oiseau et j’écrase des papillons entre mes doigts. Je suis un fruit rongé par un ver. Et j’attends l’apocalypse orgasmique.
Dans son livre Água Viva (1973), la romancière Clarice Lispector provoque un courant de conscience hypnotique oscillant entre l’éveil et le rêve. Son texte tisse des liens profonds entre les mondes intérieurs de sa protagoniste et les personnes et animaux qui l’entourent, dans un flux d’écriture évoquant la ferveur érotique. Toute distinction entre les corps, les sentiments et les désirs se désagrège, faisant place à une perpétuelle métamorphose. Simultanément, la transformation de larves en papillons – ou l’ingestion d’une femme par un ver – fait aussi advenir des moments de violence. Dans cette scène tirée de l’univers littéraire de Lispector, le monde naturel devient monstrueux, dévorant l’écrivaine.