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La déperdition des possibles
« Alignés côte à côte, suspendus dans leur lourdeur, trois bains emplissent l’espace. Ces bains, je les aurai habités. »
Jane
La déperdition des possibles, une installation sonore et visuelle présentée par Folie/Culture dans le cadre du Mois Multi, propose une expérience où chaque souffle, chaque vibration, chaque murmure est une invitation à la vulnérabilité. Trois baignoires anciennes, récupérées, usées par le temps, portent l’empreinte de la mémoire et du vécu. Elles ne sont plus simplement des objets : elles sont des témoins, des réceptacles d’une parole enfouie, d’une confession silencieuse gravée dans la rouille et l’acier.
L’artiste, Jane, les a choisies, les a habitées, et y a inscrit ses mots — des mots qui s’échappent de sa peau, qui se déposent comme une forme de purification. Ces mots se déploient, se transforment en murmures, vibrent au contact de la matière, comme une trace qui refuse de disparaître. Ils sont prononcés à haute voix, répétés, et, amplifiés, ils se frayent un chemin à travers la matière, se mêlant à la lumière douce qui éclaire les surfaces métalliques.
Le spectateur est invité à entrer dans l’espace clos de cette confession : s’approcher des baignoires, se plonger dans leur silence résonnant, et écouter, presque à l’oreille, les fragments de textes qui flottent dans l’air, tendus entre l’intime et l’universel. Le métal devient une cage de résonance, où chaque bain vibre différemment, chaque mot s’incarne dans une tonalité particulière, créant une symphonie discrète mais intense, une chorale de souffles suspendus.
Les bains se transforment en reliques d’une mémoire vivante, où les mots, insistant et revenant, cherchent à se détacher de la matière, à se libérer, mais restent liés, indissociables de la peau, de l’acier, du temps qui les a façonnés. Une expérience sensorielle où le regard rencontre le texte, et où l’écoute s’imprègne de la matière. C’est un espace où le silence et le son dansent ensemble, un lieu presque sacré où chaque vibration porte l’écho des possibles perdus.
Dates: les jeudis aux dimanches du 13 au 23 février 2025
Jeudi à samedi : de 12 h à 19 h
Dimanche : de 10 h à 17 h
Lieu: 76, Côte de la Montagne, Québec. G1K 4E3
Gratuit !
À PROPOS DE L’ARTISTE
Jane vit et travaille au Nionwentsïo, Québec. Elle est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval et est actuellement à la maîtrise en arts visuels à l’École d’art de l’Université Laval.
En 2023, elle prend part à l’exposition Banc d’essai à la Galerie des arts visuels (Québec) pour laquelle elle obtient une bourse Fonds Grant-Mathieu. En mai 2024, elle participe à l’exposition collective Histoire de, à l’École d’art, Université Laval (Québec) et obtient le prix Garde-fou de Folie/Culture ainsi qu’une bourse de la fondation Louis Garneau. À l’été 2024, elle expose à Art Mûr (Montréal) pour l’exposition Peinture fraîche et nouvelle construction. Jane investit l’espace de manière installative. Elle souhaite créer des lieux combustibles d’émotions où elle explore son intimité à travers sa propre mémoire et la poésie comme vecteur sensible et politique. Avec le désir de créer des expériences sensibles et honnêtes, l’artiste travaille depuis ses propres obsessions pour s’inscrire dans une pratique performative mettant son corps en relation avec des objets et meubles récoltés dans la rue.
« Je travaille à partir de mon intimité, de mes plus grandes vulnérabilités. Habite un espace indélicat; tente de créer un lieu de failles construit de corps abandonnés, de lambeaux de maisons délaissées; j’envahis l’espace; tente d’y prendre place. »
Jane