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Nouvelle commissaire du Lobe : Julie Andrée T.

Commissaire en résidence pour l’année 2020-2021



Pour une nouvelle année, le centre d’artistes Le LOBE accueille une commissaire entre ses murs pour l’année 2020-2021. C’est l’artiste Julie Andrée T. qui a été choisie, elle va donc réaliser une résidence d’un an sur la thématique dépaysage. Confrontant les enjeux de l’exposition et questionnant le rôle du commissaire, Julie Andrée T. amène une vision originale qui viendra teinter la programmation du centre jusqu’en juin 2021. Un appel de dossiers sera diffusé sous peu, afin de sélectionner les artistes qui vien- dront enrichir la thématique et notre centre pour le bonheur de tou·te·s.

LE MOT DE LA COMMISSAIRE

Comment explorer le dépaysage en tant que processus expositionnel? Est-il possible d’aborder l’action de dépayser comme un acte performatif du commissaire? Qu’en est-il de l’idée de dépayser une œuvre? À quel moment, dans quel contexte ce geste artistique et esthétique devient-il politique? En explorant le dialogue entre les œuvres, mais aussi en relation avec d’autres objets, textes, archives et documentations in situ, comment investir la mise en espace-scène de l’exposition sous le thème du dépaysage? Cette sensation, ce sentiment de dépaysement peut-il être un tremplin vers l’exploration d’horizons autres? Voilà quelques questions qui m’habitent et qui serviront de trame de fond à ce projet de commissariat. Les enjeux émergeant du dépaysage, qu’ils soient abordés d’un angle conceptuel, poétique, ou théorique, contribueront à nourrir une réflexion plus large d’ordre philosophique, sociologique, historique, politique, l’écologique et artistique. L’exposition considérée, à priori comme un aboutissement se présentera davantage comme un espace-laboratoire. Ma démarche en tant que commissaire-artiste implique la documentation et la monstration du processus de recherche, d’échanges avec les artistes, mais aussi avec le public, afin de créer un « espace » de discussion, de réflexion, d’errance poétique. Ce projet sera aussi l’occasion de mettre en œuvre une dramaturgie de l’exposition qui consiste d’abord à une forme d’écriture de l’espace, du parcours, de l’expérience esthétique et du discours esthétique et conceptuel. Dès lors, cette dramaturgie servira de guide dans la mise en œuvre des expositions. Au final, une question reste le let motive de toute cette entreprise : comment faire Art Autrement? Pour y répondre je garde en tête le concept lumineux de la Relation d’Édouard Glissant qui consiste à « … aller vers l’autre en essayant de se changer en échangeant avec l’autre, sans se perdre ni se dénaturer. »1. http://www.edouardglissant.fr/

BIOGRAPHIE

Situant le corps et l’espace au cœur de sa recherche, Julie Andrée T. se manifeste en installation et en performance. Entre le poétique et le quotidien, son travail propose des zones communes abstraites mais reconnaissables afin d’investir différents champs de questionnement à la fois culturels et existentiels. Depuis 1996, elle a exposé ses oeuvres et présenté ses performances au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Asie et en Amérique du sud. En 2003 elle joint le groupe de performance Black Market International. Entre autre, on a pu voir son travail dans le cadre de la 8ième Biennale de La Havane (Cuba) et de Liverpool (2010), Festival Trans-Amériques et au festival d’Avignon (2010), au Push Festival de Vancouver (2010) et dernièrement à la Manif d’Art 7 de Québec. Julie Andrée T. fut professeure invitée dans le programme de performance à la School of Museum of Fine Arts (Boston) entre 2008 et 2011 et est membre du comité de programmation du Lieu (Québec). Elle a été commissaire d’échanges entre Boston/Québec et commissaire pour Open ART, 2009, un festival International d’art performance à Pékin (Chine) et co-commissaire d’Art Nomade depuis 2015. En septembre 2019, elle a entrepris un doctorat de recherche en Études et pratiques des arts à UQÀM.