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Credit photo : Paul Litherland
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Juan Ortiz-Apuy et Léa Moison

Vernissage le samedi 19 janvier à 15h à Optica

OPTICA, centre d’art contemporain présente deux nouvelles expositions

Juan Ortiz-Apuy, La Guaria Morada
du 19 janvier 2019 au 16 mars 2019

«L’installation d’Ortiz-Apuy est certainement un geste des formes invisibles de travail et de soins qui animent les scentre d’artistes : se déplaçant comme des cycles d’eau évaporée, extraite à l’infini et relâchée dans les airs». Sanader, Daniella. “Room Temperature.” Canadian Art. Automne 2018, p. 144-145.
[Notre traduction]

Dans La Guaria Morada, des orchidées tropicales, un humidificateur industriel, des déshumidificateurs et une peinture bleu ciel sont rassemblés afin de former un environnement artificiel dans un état de négociation et de précarité perpétuels. Dépendant de l’éclairage, du système de chauffage et du personnel de la galerie, les orchidées sont comparables non seulement à l’objet d’art – maintenu au moyen de mécanismes visant à favoriser et à nourrir la pratique artistique – mais renvoient également aux centres d’artistes dont la structure exige des efforts constants et des négociations afin de maintenir les activités.

Similaire à un trope absurde et répétitif à la Sisyphe, l’installation fonctionne comme une métaphore de situations capturées dans des conditions d’incertitude. Concentrée autour de la fleur nationale du Costa Rica, Juan Ortiz-Apuy rend ici un hommage à son pays d’origine. La Guaria Morada représente un écosystème fragile. À l’instar du Costa Rica et, plus généralement, des pays en voie de développement de la région, les orchidées subissent une impulsion des forces et ce, dans une lutte cyclique pour se développer. L’humidificateur et les déshumidificateurs sont littéralement les forces externes qui permettent et empêchent les orchidées de s’épanouir, forces métaphoriques qui relèvent autant de l’économie que de l’influence étrangère, de la corruption et du contrôle.

Juan Ortiz-Apuy vit et travaille à Montréal depuis 2003. Il est titulaire d’un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2008), d’un diplôme d’études supérieures de la Glasgow School of Art (2009) et d’une maîtrise en beaux-arts de l’Université Nova Scotia College of Art and Design (2011). Ses œuvres ont été exposées au Canada et à l’étranger, notamment aux Abattoirs Musée – Frac Occitanie Toulouse (France), au Musée IKEA (Suède), à la Galerie d’art de l’Université Carleton (Ottawa), à la Galerie d’art Owens (Sackville), à la Truck Contemporary Art (Calgary), au Museum London (Londres), à la Gallery 44 Centre pour la photographie contemporaine (Toronto), au MacLaren Arts Centre (Barrie) et à la Manif d’art 7 – la biennale de Québec (Québec).

Léa Moison, 25/09=1

Samedis ensemble en familles : 26 janvier et 16 mars 2019

Dans le cadre de l’exposition 25/09=1 Léa Moison présente un corpus de dessins et une architecture obtenu à partir de protocoles et de systèmes, qui tentent de traduire le son bidimentionnellement et tridimensionnellement.

L’artiste qui allie les arts visuels et médiatiques avec une solide culture musicale, développe une pratique reposant sur un mode de composition qui joue entre le passage du sonore au visuel. Chaque œuvre provient d’un travail de traduction de données découlant d’une série de relais effectuée d’une discipline à l’autre, suivant un système d’équivalence bien défini : ainsi la musique devient partition qui devient dessin qui devient objet qui devient musique, et ainsi de suite.

Montées sur papier blanc, les notations graphiques ne réfèrent pas au solfège et ne dévoilent pas une musique à jouer : le son s’avère absent et affranchit de repères de correspondances de cause à effet. Un volume, déployant une onde dépouillée, transpose aussi le phénomène sonore dans l’espace en s’inspirant de Iannis Xenakis qui combinait dans certains projets la musique électronique et l’architecture. La méthode utilisée par Moison comporte une certaine liberté de production qui rejoint la philosophie de l’indétermination de John Cage. Ce dernier décrivait lui-même les éléments de ses compositions en termes de méthode et de structure. En effet comme chez Cage, le processus chez Moison prévaux sur le geste et la touche subjective de l’artiste, tandis que le résultat laisse incorporer une part d’imprévisible. La reproduction de la matière de base (les données objectives issues de la structure d’une partition ou d’une sculpture) aboutit à la constitution d’objets indépendants qui étend de manière infinie les possibilités formelles.

L’espace d’exposition circonscrit un univers aérien, presque inexistant et irréel, une ambiance onirique où le temps s’avère suspendu.

Auteure : Esther Bourdages

Détentrice d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM et d’un diplôme en psychologie, Léa Moison vit et travaille à Montréal. Suite à ses études en musique et aux Beaux-arts de Lorient, elle décide d’explorer le lien entre les arts et de rallier dans un même espace la musique, le dessin et la sculpture. En parallèle, elle intervient auprès des jeunes à travers d’ateliers créatifs et imagine des projets aux travers desquels elle souhaite permettre aux jeunes de développer leur propre langage plastique.