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Crédit photo : Patrick Altman

Boney, Majeri et Siala

Exposition du 11 avril au 2 juin à l'Écart

Originaire de Wendake, Ludovic Boney a d’abord suivi une formation en sculpture, puis s’est adonné dès le début de sa carrière à la confection de projets d’art public. C’est en posant son regard singulier sur ce type d’installation et en jouant avec les codes qui en constituent l’essence que l’artiste a créé NSPSLL!. Si le titre est une subtile abréviation de l’injonction « Ne sautez pas sur les lits! », l’œuvre invite tout de même le spectateur dans un joyeux déséquilibre qui l’incite plutôt à enfreindre les règles ou au moins, à les réécrire pour jouer comme bon lui semble. 
 
Construite à partir d’objets du quotidien récupérés ou détournés de leur chemin vers les poubelles, NSPSLL! prend la forme d’une « forêt de cochonneries » qui s’anime au passage des spectateurs et des spectatrices et s’éloigne du recours habituel aux matériaux nobles dans l’art public. On pourrait y voir un message fort de lutte au gaspillage ou une réflexion sur le destin des objets, mais Ludovic ne fait pas semblant; l’installation vise avant tout à susciter la joie, à surprendre et à éveiller les sens. Ainsi, à mesure qu’ils progressent dans le parcours, les gens actionnent, de près ou de loin, différents objets, et deviennent ainsi partie intégrante de l’œuvre, qui peut aussi être vécue de l’extérieur, dans une simple contemplation du décor et de sa mise en mouvement.   

– Texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau 

BIO
Au sortir de l’école de sculpture en 2002, Ludovic Boney fonde le Bloc 5 – atelier de production artistique – en compagnie de quatre artistes. Depuis 2006, il oeuvre sur des projets d’art public de grande envergure et expose son travail régulièrement dans les galeries et les centres d’artistes. Il a récemment présenté ses oeuvres au Musée McCord de Montréal et à la TRUCK Contemporary Art de Calgary. Parmi ses dernières réalisations marquantes en art public, on note Théâtralité contextuelle au nouveau HEC de Montréal (2023), Réaction en chaîne installée à l’École de Technologie Supérieur (2019) et son imposante Cosmologie sans genèse au Musée National des Beaux-Arts du Québec (2016).
www.lecart.org/fr/programmation/ludovic-boney/

Leyla Majeri
Fields of lores
La pratique artistique de Leyla Majeri prend racine dans la sculpture et le film expérimental, tout en se liant étroitement à l’expérience du jardinage. À travers le jardin comme lieu de réflexion et le jardinage comme geste de résistance, l’artiste cherche non seulement à déconstruire les dynamiques de pouvoir hiérarchiques et coloniales, mais aussi à contribuer activement à la transformation des systèmes. Le jardin s’inscrit ainsi dans une existence à la fois tangible et métaphorique, où il est d’une part source de vivres, de matériaux et de redistribution des ressources, et d’autre part, le reflet d’une société et d’un milieu culturel dont il importe de questionner les mécanismes de pouvoir et d’exclusion. Si Leyla Majeri puise dans la biologie et l’ethnographie pour nourrir son processus créatif, celui-ci se veut surtout décloisonné des carcans théoriques et des visions conventionnelles du savoir pour plutôt favoriser la mise en lien entre la matière, l’objet et la personne qui les reçoit.  

Avec son exposition Fields of lores, Leyla ramène à échelle humaine le gigantisme des aménagements agricoles industriels. Par l’entremise d’une installation faite de bandes de tissu et de sacs de semences – entièrement teints à la main à partir de plantes de son jardin – dont les angles et les formes rappellent la topographie et la division des terres, l’artiste déjoue les frontières et remet en perspective le regard porté sur le territoire. Les semences issues de la culture sans irrigation qu’elle pratique sur une parcelle située au cœur d’un champ agricole mettent en évidence la capacité d’autonomie, d’adaptation et de rencontre du vivant. Dans une trame sonore diffusée à partir d’un disque vinyle gravé de manière artisanale, des voix d’enfants invitent à l’écoute et à l’engagement, mais surtout, initient une mouvance dans l’ordre des connaissances érigées en certitudes.  

– Texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau 

BIO
Leyla Majeri vit à Tiohtià:ke / Mooniyaang / Montréal. Elle incorpore souvent dans ses installations des collages sonores, du texte et des végétaux qu’elle cultive sur une terre agricole où elle a aménagé un potager vivrier et des plantes médicinales. Lors de sa résidence au Chantier (L’imprimerie, 2022), elle a créé un jardin de plantes servant à développer des images comme point de départ d’une réflexion collective sur les savoir-faire et les approches alternatives et décoloniales de l’image. Avec Harness the Sun (Arprim, Montréal, 2016), elle initie un dialogue entre sa pratique artistique et sa pratique de jardinage qu’elle relie aux écologies présentes entre la matière, l’imaginaire et le politique. Depuis Don’t Blame Us If We Get Playful (Galerie de l’UQAM, 2018), Garden Archive – There’s a wasp who penetrates the ladybug (CIRCA, Montréal, 2019) et Anticiper l’Hyper-mer (OPTICA, Montréal, 2023), elle poursuit cette exploration où elle conjugue différents langages et territoires de pratique, matérialités, formes de vie et biotopes. 
www.lecart.org/fr/programmation/leyla-majeri/

 

Zeineb Siala
L’envers des jardins

Entre les murs de l’exposition se déploient des matériaux développés et confectionnés à partir des déchets de marc de café et de l’impression 3D. L’envers des jardins combine diverses approches issues des domaines de l’écodesign et du design sensoriel pour donner forme à des œuvres qui introduisent l’espace à une dimension sensorielle singulière, exploitant l’odeur du café comme moyen expérientiel et signifiant. Dans sa pratique, Zeineb Siala trouve son inspiration dans les motifs amazighs, une culture qui, traditionnellement, intègre les parfums au processus de la confection de bijoux. De la fusion des éléments à la fois traditionnels et numériques nait une œuvre odorante qui transcende les frontières temporelles et géographiques, entre le design contemporain et les racines historiques berbères.  

À travers une démarche sensible aux enjeux environnementaux, Zeineb Siala interpelle le public à faire l’expérience du paysage au-delà du sens visuel, en offrant à la fois une expérience olfactive mnémonique et éco-engagée, par laquelle on accède à la nature, aux technologies et à la sensorialité.

BIO
Artiste et designer, Zeineb Siala est diplômée de l’institut supérieur des arts et métiers de Sfax (Tunisie) et complète présentement un doctorat en création et nouveaux médias à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (Canada). Sa thèse, L’impression 3D de marc de café comme approche interdisciplinaire innovante en design sensoriel, cherche à développer de nouvelles approches interdisciplinaires en design écologique, en design sensoriel et en impression 3D. Elle a collaboré avec le laboratoire de LASEM de l’école nationale d’ingénierie de Sfax dans le cadre de sa maitrise qui portait sur la valorisation des fibres végétales en design écologique. 
www.lecart.org/fr/programmation/zeineb-siala/