Triennale Banlieue / Salle Alfred-Pellan (SAP)

À la suite de Banlieue! Ordre et désordre (2015) et de Banlieue! Là où se prépare le futur (2018) – l’édition qui marquait la pérennisation de l’évènement en triennale –, Banlieue! Interrègnes (2021) se penchera sur la présence de la nature dans les banlieues et sur les dynamiques qui s’y sont établies entre l’habitat humain et les écosystèmes naturels.

Souvent définies en opposition aux villes qu’elles bordent, les banlieues nord-américaines ont été louangées pour leur cadre naturel, ou rural, notamment par les promoteurs immobiliers à partir des années 1960. Paradoxalement, on accuse l’étalement urbain, dont elles incarnent la manifestation, d’être le principal responsable de la perte de milieux naturels et agricoles. Au-delà des clichés nourris d’idéologies souvent antagonistes, quelles sont les relations et interactions entre espace suburbain et territoire naturel? Quelle place la nature occupe-t-elle dans les banlieues et quelle forme prend-elle, ou lui donne-t-on?

Les réflexions soulevées par la triennale Banlieue! sont souvent universelles et dépassent le cadre de la ville de Laval qui l’accueille. Incidemment, les consultations citoyennes lavalloises offrent une lecture pertinente des préoccupations suburbaines, témoignant par exemple de l’attachement de la communauté lavalloise envers cette proximité avec la nature. À l’occasion de l’édition 2021 de la triennale Banlieue!, les artistes pourront s’exprimer à leur tour sur le binôme suburbanité et nature, et explorer comment il se traduit, voire l’articuler dans leurs propres termes de manière inusitée.

En dehors des axes routiers et des centres commerciaux auxquels elles sont souvent associées, les banlieues comportent des secteurs offrant différentes possibilités d’interactions avec la nature, que celle-ci soit sauvage, entretenue ou aménagée. D’une part, les boisés et les berges qui ponctuent le territoire et le ceinturent partiellement, éléments de patrimoine naturel, offrent une expérience de nature « sauvage », ou peu marquée par la présence humaine, propice à l’appréciation contemplative de la faune, de la flore et des richesses naturelles. D’autre part, de nombreux parcs et espaces verts aménagés accueillent diverses activités extérieures organisées, tant associatives que culturelles et sportives. S’ajoutent des secteurs horticoles ou agricoles constituant parfois une large partie du territoire (30 % à Laval). Cette proximité avec les milieux naturels ou ruraux se perçoit aussi dans les anciens noyaux villageois toujours présents, dont l’implantation historique se distingue des développements pavillonnaires du bâti suburbain qui les entourent désormais. Enfin, les nombreux

aménagements paysagers que l’on retrouve autour des institutions publiques et commerciales, dans les jardins de résidences privées, autour des échangeurs et jusque sur les murs antibruit, constituent autant de manifestations d’interactions avec la nature. Nous pourrions même penser à la présence de plantes ornementales à l’intérieur de centres commerciaux, d’institutions d’enseignement ou d’infrastructures de loisirs.

Autant de situations et de phénomènes que l’urbanisme, l’architecture de paysage et les sciences de la Terre et de la vie abordent avec une expertise et des perspectives nouvelles. Il suffit de penser aux initiatives citoyennes de transition socio-écologique, proposant par exemple des actions de foresterie et d’agriculture urbaines qui tendent à renouveler la relation du binôme suburbanité et nature. De même, le souci croissant pour une consommation locale et le développement de commerces en circuits courts rapprochent la ville de la campagne, comme en témoignent la multiplication des marchés fermiers et le développement de jardins communautaires. La mobilisation pour la préservation d’animaux désirables, comme les oiseaux ou les abeilles, et les préoccupations souvent légitimes autour des espèces jugées nuisibles attestent des enjeux de partage du territoire que sous- tend cette dynamique.

Après plusieurs décennies de développement rapide de la banlieue nord-américaine, comment investir et redéfinir ce territoire habité par l’humain, notamment au regard de sa proximité réelle ou symbolique avec la nature?

AXES THÉMATIQUES

Les commissaires souhaitent recevoir des propositions traitant des rapports entre l’humain et la nature, notamment dans le contexte d’une réflexion sur la banlieue.

Elles peuvent s’articuler autour :

  • de constats originaux caractérisant des phénomènes ou des microphénomènes témoignant de situations ou d’expériences de terrain relevant de cette dynamique;
  • de commentaires inédits sur ces situations;
  • de propositions qui en redéfinissent les paramètres, tentent d’en infléchir le développement, et imaginent la banlieue de l’avenir.

ART VISUEL

Types d’œuvres existantes ou à réaliser que nous recherchons : peinture, sculpture, installation, photographie et art médiatique. La triennale souhaite intégrer également des œuvres d’art relationnel, des performances ou des œuvres issues de mobilisation citoyenne. Certaines œuvres et certains évènements résonneront et se déploieront sur le territoire, en fonction de partenariats à développer localement.

    Documents exigés :

  • vision de la banlieue et de l’expérience personnelle en lien avec celle-ci (500 mots maximum);
  • description de l’œuvre réalisée ou projetée en lien avec la thématique de l’évènement (500 mots maximum);
  • dix images numériques d’œuvres récentes identifiées (numéro de la liste descriptive_année_nom de l’artiste_prénom ou initiale) en format jpg, 1 Mo max par image;
  • ou des extraits vidéo (5 minutes max) en format mov, vmv ou mpeg-4, en moyenne ou en basse résolution;
  • liste descriptive (titre, année, médium);
  • démarche artistique (500 mots maximum);
  • cv (4 pages maximum).

DESSIN

Types d’œuvres existantes ou à réaliser que nous recherchons : dessin contemporain, art imprimé, courte narration graphique, extrait de zine ou de bande dessinée s’inspirant de la thématique. Ces œuvres seraient publiées sur un maximum de quatre pages dans la publication de l’évènement, dont le format demeure à préciser.

Documents exigés :

  • vision de la banlieue et expérience personnelle en lien avec celle-ci (500 mots maximum);
  • description de l’œuvre réalisée ou projetée en lien avec la thématique de l’évènement (500 mots maximum);
  • budget préliminaire pour adapter ou réaliser l’œuvre;
  • exemple d’un projet récent que vous avez réalisé ou auquel vous avez collaboré;
  • démarche artistique (500 mots maximum);
  • cv (4 pages maximum)

ENVOI DES DOSSIERS

  • Les dossiers devront être envoyés par WeTransfer au plus tard le 15 avril 2020 à l’adresse courriel suivante : maisondesarts@laval.ca.
  • Objet : Dossier Banlieue
  • Veuillez identifier chaque fichier avec votre nom complet et le titre du document (voir les mots en gras) en évitant les accents et les espaces (exemple : laroche_rene_vision.pdf)
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