Phase 2 du projet 1/100 de 2-22, J’aime Montréal et Montréal m’aime de Thierry Marceau, les 28 février et 1er mars au 2-22

Deux soirs seulement !

Une œuvre d’art performatif à grand déploiement créée spécifiquement pour les passerelles du 2-22 occupera l’énorme surface vitrée du mythique coin Ste-Catherine / St-Laurent.  Dans le cadre de la Nuit Blanche à Montréal sera présentée la phase 2, s’articulant sur deux soirées: L’apprenti (le 28 février) suivi de La lumière (le 1er mars).

Le projet débuté en décembre 2012 s’articule en 5 phases, soit une apparition par année. Thierry Marceau est le premier artiste à réaliser une œuvre performative dans le cadre de la politique d’intégration des arts à l’architecture (1%), ce qui ouvre sur d’innombrables nouvelles possibilités et ce qui rend ce projet si excitant.

L’apprenti déploiera une action de longue durée avec 16 figurants sur les passerelles. L’artiste est au travail et construit au fil de la nuit le tableau qui changera sa vie. En prenant pour structure sonore et rythmique «Fantasia», film de Walt Disney de 1940, nous assisterons à une progression ayant pour point de départ l’artiste solitaire (Joseph Beuys), affairé sur sa table de couture, exécutant heures après heures le même geste, sans se rendre compte de ce qui est en train de s’animer autour de lui… Cette phase se veut un clin d’œil au travail industriel qui était exécuté à cet emplacement (entre autre le Fogarty Shoes Factory au 19e siecle), ainsi qu’à l’introspection, le travail d’atelier et la quête du «magique» chez l’artiste.  – 28 février, de 18h à 21h, sur les passerelles du 2-22, face Ste-Catherine.

La lumière propose des déplacements en continu de tous ces corps dans l’espace, chorégraphie primaire, voir animale (insectes). Nous y verrons des références autant aux masses de gens se bousculant en tentant de s’approcher de la scène aux Francofolies, que la nuée de mouches se jetant dans les projecteurs aux abords de la même scène. Une belle question sur le pouvoir d’attraction de la lumière. – 1er mars, de 19h à 19h45 et 21h à 21h45, sur les passerelles du 2-22.

 

Infos générales :

-Dans la foulée de la construction et de l’aménagement d’un complexe à vocation principalement culturelle connu sous l’appellation 2-22, le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine et Art actuel 2-22, qui représente les organismes culturels occupant l’édifice, a annoncé la tenue d’un concours en vue de la création d’une oeuvre d’art performatif devant s’approprier l’architecture même du lieu. L’artiste Thierry Marceau a été retenu pour réaliser cette œuvre.

Après avoir réfléchi le lieu à investir, sont arrivés les personnages à y insérer. Plusieurs aspects ont nourri ma proposition :  l’échelle de l’espace à investir, la situation géographique du 2-22 (en plein cœur du Quartier des spectacles), l’histoire de ce coin de rue (des éléments forts tel que l’entrée au pays des immigrants par la «main», le Red Light, les manufactures de chaussures, les grands incendies),  l’architecture du bâtiment (les  quatre étages, les passerelles, le vitrage) et finalement la fonction du bâtiment (dédié à plusieurs organismes culturels).

La demande pour cette œuvre performative était d’habiter, en tant qu’artiste, les vitrines de ce nouvel édifice. C’est pourquoi  mon choix s’est arrêté sur l’artiste Allemand Joseph Beuys  avec pour point de départ son œuvre «I like America and America likes me». Cette œuvre a marqué l’histoire, tant celle de la performance que celle de l’art contemporain. Dans les années 70’, Beuys est reconnu pour son travail de performance et d’installation en Europe, mais les États-Unis le boudent toujours. Ses récits personnels nous racontent qu’il se serait écrasé en Russie, à bord de l’avion de guerre allemand qu’il pilotait. Il aurait été secouru par des villageois, enveloppé de couvertures de feutre et ils auraient soigné ses blessures avec du gras. Ces éléments sont récurant dans l’ensemble de son travail. En 1974, en répondant à l’invitation d’un galeriste new-yorkais, il s’enveloppe de feutre avant de prendre l’avion. En atterrissant à New York, des ambulanciers l’attendaient sur la piste et le transporte en civière, en ambulance jusqu’à la galerie René Block. Les ambulanciers le déposent à l’intérieur de la galerie où il passera les 3 prochains jours, en compagnie d’un coyote (vivant). Ses trois jours d’interaction et de dialogue avec l’animal, processus spirituel voir shamanique,  le connectent avec l’essence même de l’Amérique et il repart ainsi, emballé de feutre, en civière, avec les ambulanciers, sans avoir posé le pied sur le sol américain. La figure de Beuys, dans sa couverture de feutre, canne à la main, face au coyote est mythique dans l’art contemporain. C’est cette figure que j’incarnerai afin d’habiter les vitrines du 2-22 pour la durée de l’œuvre (5 ans).
www.ThierryMarceau.com/2-22

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