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karen elaine spencer, walkin’ with cohen (quai), 2021, photo A. J. Stephen.
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AdMare présente : « walkin’ with robinson » de karen elaine spencer

Exposition 23 octobre au 8 janvier

Intime, la résidence de karen elaine spencer fait resurgir des souvenirs d’enfance chez l’artiste. Son arrivée aux Îles-de-la-Madeleine, loin du pavé des rues de Montréal, indique un déplacement vers une insularité déjà connue. Une sensation de retour la hante, elle qui enfant vivait dans une petite ville accessible uniquement par bateau, située à la pointe nord de l’île de Vancouver. S’éveillent la morsure aiguë de l’air salé, la faim froide du vent et le fantôme planant de son corps d’enfant sans importance – perché sur un rocher, bras minces enroulés autour de ses genoux osseux et yeux tournés vers les vagues qui se brisent sur le rivage encore et encore et encore…

Nous avons tou·te·s nos îles; ces endroits que nous gardons dans nos mémoires, vus à travers la brume et la semi-obscurité, qui ne deviennent jamais tout à fait réels. Et que nous disent-ils ? Et que peut-on leur donner ? Le vent porte-t-il une chanson ?

L’artiste imagine une silhouette qui marche. Un personnage solitaire tenant une chanson. Cette chanson est fragmentée, brisée; tirée de la plume commune du poète Leonard Cohen et de l’autrice-compositrice Sharon Robinson. C’est le point d’ancrage de la démarche de karen elaine spencer : ces paroles déplorent notre perte d’innocence et l’état d’un monde déjà et à jamais refermé sur nous. Cette figure solitaire qui déambule porte une pancarte sur laquelle ces paroles sont écrites, comme un bouclier, comme un vêtement protecteur, comme un talisman invoquant sinon la magie, du moins une malédiction amoureuse. La figure qui marche n’est pas un enfant, la figure qui marche n’est plus un enfant.

BIOGRAPHIES

karen elaine spencer est née en quatre temps. L’année du poisson d’argent; sa vraie naissance. Sa jeunesse : née en chantant doucement des chansons inventées à des mouchoirs chiffonnés sur le siège arrière de la voiture familiale. Son adolescence : née à travers sa fuite de la maison pour étudier les beaux-arts de l’oubli. Actuellement : re-née par son infiltration des bureaux gouvernementaux, des stations de train et de métro, puis des parcs, pour transmettre des messages secrets. Elle erre, flâne, prend le métro, écoute les rêves.