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Bang! Souriez de Denys Tremblay

Vernissage le jeudi 13 juin à 17h au Centre Bang

BANG! SOURIEZ
Le retour du Roi
comprend deux expositions complémentaires de l’artiste-roi Denys Tremblay. UNE AUTRE HISTOIRE DE L’ART s’adresse au grand public qui veut actualiser sa compréhension de l’art d’aujourd’hui. Nous redécouvrons onze œuvres historiquement importantes, réimprimées sur tissu, certaines parmi les plus célèbres au monde comme Le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet (1863) ou Fontaine de Marcel Duchamp (1917). Les principaux passages de l’histoire de l’art nous sont présentés avec une toute nouvelle lucidité périphérique. Découverte garantie de ce que peut représenter le non, le oui, le peut-être ou le graduellement dans l’histoire de l’art.

L’AUTRE FABULEUSE HISTOIRE DU ROYAUME refait une lecture de la première monarchie municipale et démocratique au monde qui a été qualifiée comme étant « l’une des performances artistiques les plus incroyables de notre histoire » par certains observateurs (Le Devoir, 24 juin 2017). En grande primeur régionale, les 7 Bijoux de la couronne citoyenne de L’Anse-Saint-Jean sont exposés comme des symboles d’une « roivolution des esprits ». De grandes fresques numériques réinterprètent, détaillent et extrapolent ces événements, souvent avec humour toujours avec intelligence. Elles nous plongent dans un univers mental intemporel, où on ne sait plus qui tue qui dans les exécutions instantanées des réseaux sociaux et des fake news. Le tout devient un hommage percutant que l’artiste adresse à son pays intime décidément plus grand que nature. Découverte garantie de la hauteur des aspirations, de la largeur des points de vue et de la profondeur des idées qui calibrent notre Royaume et ses habitants.

Pour cette exposition estivale, La Pulperie et le centre Bang rassemblent leurs forces pour faire rayonner l’œuvre de Denys Tremblay. Entrée libre ! Bienvenue à tous et toutes !

Biographie

Dès les années 1970, les environnements de jeunesse de Denys Tremblay, comme le Saloon funéraire ou Obsession Beach, ont produit des remous médiatiques considérables. En 1980, il planifie et réalise une première méta-oeuvre à l’échelle d’une région entière : le Symposium international de sculpture environnementale de Chicoutimi. Ce symposium est souvent considéré comme « l’événement fondateur de l’art en région ».

De 1983 à 1997, il crée une deuxième méta-œuvre s’échelonnant sur quatorze années consécutives : il devient alors L’Illustre Inconnu. « L’Impersonnage » commence par enterrer définitivement l’Histoire de l’art métropolitaine au prestigieux Centre Pompidou à Paris, sauve plus tard la Maison-musée Arthur Villeneuve puis propose d’utiliser le pouvoir monarchique lors du référendum sur la souveraineté du Québec.

En 1997, l’artiste s’engage alors dans une troisième méta-œuvre qui fera le tour du monde. L’Illustre Inconnu virtuel se métamorphose alors en vrai roi Denys 1er de L’Anse. Un référendum tout à fait légal (le 21 janvier 1997) plébiscite l’impossible. À la surprise générale, 73.9 % des citoyens approuvent la création de la première monarchie municipale en Amérique. « L’Illustreest mort ! Vive Denys 1er de L’Anse ! » affirmeront les Anjeannois. Ce n’est pas une révolte mais une « roivolution ». Cette « roivolution des esprits » intéresse de plus en plus de grandes institutions muséales et des collectionneurs avertis.

C’est  l’un des premiers penseurs du périphérisme systémique et l’inventeur du really-made.

Démarche artistique

Denys Tremblay se définit maintenant comme un artiste quantique parce qu’il met en dispositif l’incertitude, l’indécidable, la transmutation, le déplacement pour que l’art devienne une réalité sociale partagée, négociée et gagnée ensemble. Tremblay n’est pas un révolutionnaire mais un « roivolutionnaire ». Il ne rêve pas à un coup d’état, au grand soir, mais il complote des « coups d’état d’esprit » locaux qu’il met au grand jour. Il préfère avoir 80 % de quelque chose que 100 % de rien du tout. L’art peut donc le tuer…

L’auteur Hervé Fischer lui a consacré un livre abondamment illustré (Un roi américain, VLB éditeur, 2009). Pour lui, Denys Tremblay est l’un des premiers penseurs du périphérisme et nous propose un exemple sidérant d’art extrême. Il place l’artiste-philosophe engagé aux limites du possible, au même niveau que Marcel Duchamp mais en adoptant une vision diamétralement opposée.

L’auteur Jean-Pierre Vidal estime que Denys Tremblay est un outrepassant. Il aura incarné sensiblement toutes les interrogations et interrogé toutes les pratiques de son temps, finissant par réinscrire la plupart des obsessions dites postmodernes dans une œuvre qui reste, au contraire, fondamentalement moderne. Pour Vidal, il aura fait « un pas au-delà » dans au moins quatre discours capitaux pour la pensée de l’art de notre temps :
Duchamp, ses ready-made et sa liquidation/célébration de l’art ;
Baudrillard et sa réflexion sur la société de consommation, les simulacres et la fin du social ;
Debord et sa critique de la société du spectacle ;
enfin, Debray et la mort de l’image au siècle de la prolifération apocalyptique des images.