Richard Avedon (1923-2004), Gloria Swanson, actrice, New York, 4 septembre 1980, épreuve à la gélatine argentique, 50,8 x 40,6 cm. © The Richard Avedon Foundation
Richard Avedon : Immortel. Portraits du temps qui passe, 1951-2004
- Lieu: Musée des beaux-arts de Montréal
- Ville: Montréal
Avec près d’une centaine de portraits de personnalités iconiques – dont Chet Baker, Samuel Beckett, Toni Morrison, Truman Capote, Duke Ellington, Patti Smith et Jean Renoir –, Immortel présente un aspect fascinant de l’œuvre d’un des plus célèbres photographes du 20e siècle : le vieillissement.
« Dans un monde obsédé par la jeunesse et la beauté, Richard Avedon a braqué son objectif sur l’expérience universelle du vieillissement : un sujet qu’il a abordé avec une franchise désarmante. Loin d’être adoucis par le filtre de la nostalgie et du sentimentalisme, les visages qu’il photographie sont marqués par le passage du temps. Avedon nous donne ainsi à voir des portraits sans fard et profondément humains, où chaque ride raconte une histoire, un vécu », souligne Mary-Dailey Desmarais, conservatrice en chef du MBAM et titulaire de la Chaire Zhao-Ionescu.
Peu d’artistes ont traité ce sujet avec autant d’audace qu’Avedon, qui s’y est intéressé toute sa carrière en sa qualité de photographe portraitiste le plus influent des États-Unis. L’exposition réunit des portraits d’icônes culturelles – dont Samuel Beckett, Jorge Luis Borges, Truman Capote, Duke Ellington, Toni Morrison, Jean Renoir et Patti Smith –, mais aussi de gens de divers horizons, connus ou moins connus.
À l’époque où Avedon commence à travailler pour le prestigieux magazine de mode Harper’s Bazaar, on attend des photographes qu’ils représentent les personnalités publiques sous leur meilleur jour, au moyen de poses ou d’angles flatteurs, d’une lumière réfléchie ou diffuse et de filtres qui adoucissent les traits; les photos sont ensuite retouchées afin d’unifier l’apparence de la peau. Avedon, lui, n’hésite pas à transgresser ces principes en soulignant les rides, les pattes d’oie, les plis et les taches de vieillesse – les marques extérieures de ce qu’il décrira comme « l’avalanche du temps » qui déferle sur les visages et les corps.
Série « Jacob Israel Avedon »
Bien qu’elle couvre l’ensemble de la carrière d’Avedon, l’exposition accorde une place importante à la célèbre série « Jacob Israel Avedon » (1969-1973), montrée pour la première fois au Museum of Modern Art de New York en 1974. Celle-ci relate les dernières années de vie du père d’Avedon, mort des suites d’un cancer, à travers neuf portraits illustrant son dépérissement. Dans son vibrant compte rendu de l’exposition new-yorkaise, l’auteur Owen Edwards parle d’images « terriblement émouvantes [qui sont] loin de représenter avec sérénité un homme vénérable attendant de monter au ciel. Ce sont plutôt des métaphores sur l’injustice de la mort, qui, dans toute sa condescendance, survient sans égard pour les épreuves de l’existence ».
Après Montréal, l’exposition sera présentée à l’Image Centre de la Toronto Metropolitan University en septembre 2026.