Jeu d’esprit d’Allison Katz
- Lieu: Musée des beaux-arts de Montréal
- Ville: Montréal
Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) met à l’affiche Jeu d’esprit, la toute première exposition individuelle consacrée à Allison Katz par une institution muséale québécoise. Originaire de Montréal, Katz s’impose sur la scène internationale comme l’une des artistes les plus fascinantes de la peinture actuelle. Dès le 9 octobre prochain, cette exposition rassemblera 15 toiles, dont 8 œuvres réalisées spécialement pour l’occasion, au cœur d’une scénographie conçue pour le MBAM par la peintre elle-même.
« C’est un immense plaisir pour le Musée de présenter la première grande exposition d’Allison Katz au Québec, et de souligner le talent de cette artiste originaire de Montréal, déclare Mary-Dailey Desmarais, commissaire de l’exposition, conservatrice en chef du MBAM et titulaire de la Chaire Zhao-Ionescu. À la fois ludique et profondément réfléchie, l’œuvre d’Allison Katz sonde l’inconscient, le hasard et les méandres de l’identité. »
Un parcours entre psyché humaine, souvenirs et matière
Histoire de l’art, littérature, théorie psychanalytique et culture populaire sont autant de sources qui inspirent l’artiste pour créer un langage pictural singulier explorant les profondeurs de la psyché humaine et les possibilités infinies de la peinture. Pour Katz, la peinture agit comme un seuil entre les mondes : elle fait cohabiter autobiographie et histoire de l’art, humour et ambiguïté, langage et image, sans jamais revêtir un sens unique. L’aménagement des salles, conçu par Katz elle-même, délaisse l’ordre chronologique au profit d’un réseau de liens visuels et thématiques qui invite le public à réfléchir à la part de mémoire, de hasard et d’influences qui forge l’identité. À l’image de son titre, l’exposition se déploie comme un jeu d’esprit, de perception et d’association. D’une peinture à l’autre, les motifs se métamorphosent et se chargent de sens. Les figures deviennent des avatars, des signatures et des autoportraits. Les portes et fenêtres, des canaux et des bouches : autant de passages entre l’expérience vécue et l’imaginaire.
Sur les traces de Gradiva
L’exposition s’articule autour de Gradiva (« celle qui marche »), une figure issue d’un bas-relief romain fictif, née sous la plume de l’écrivain allemand Wilhelm Jensen. Chez Katz, ce personnage ayant marqué l’histoire de la littérature psychanalytique et du surréalisme devient une muse contemporaine qui franchit les seuils, relie les tableaux et nous rappelle que les images, comme les souvenirs, peuvent toujours ressurgir sous de nouvelles formes. Présente un peu partout dans l’exposition, Gradiva incarne ce fil conducteur poétique et témoigne de la capacité de l’art à sublimer la mémoire tout en libérant les désirs enfouis. Fidèle à sa nature insaisissable, une peinture de Gradiva s’est aventurée hors de la salle d’exposition. Les visiteurs sont invités à partir à sa recherche dans la collection permanente du Musée.