Evridiki Spiliad et Catherine Beaudette

  • Vernissage le jeudi 5 novembre à 17h à Occurrence
  • Lieu: Occurrence
  • Ville: Montréal

Occurrence a le plaisir de présenter l’exposition Anása – Ανάσα, d’Evridiki Spiliadis dans la salle 1 de la galerie, du 6 novembre au 12 décembre 2026.

Anása (souffle) est à la fois origine et retour. C’est le premier geste de la vie, le rythme qui soutient le corps, et la dernière trace d’une présence physique. Ancré dans le mythe de Déméter et Perséphone, Anása réinterprète l’ancien cycle de descente et de renouveau comme une méditation sur la résilience féminine. Il réunit mythe ancestral, mémoire incarnée et les paysages contemporains qui portent les traces de nos histoires vécues.

Le travail se déploie à travers deux paysages éloignés, mais intimement liés. Éleusis, ancien site des Mystères d’Éleusis, ouvre un passage vers les origines du mythe, révélant comment les récits ancestraux persistent à travers le temps. L’Île Verte, une île étroite du fleuve Saint-Laurent, devient un territoire de recherche et de renouveau. Située à la rencontre des eaux douces et salées, l’île incarne une tension silencieuse, un environnement propice à l’intuition et aux rythmes du monde naturel. Libéré des responsabilités domestiques et des rôles relationnels, le corps féminin réapparaît dans sa fragilité, son endurance et son besoin d’espace.

Ensemble, ces voyages forment un dialogue entre mythe hérité et expérience vécue. Anása émerge de cet entrelacement entre héritage mythologique, trace autobiographique et pratique créative comme recherche incarnée. Le projet parle de continuité, des mères, des filles et du fil invisible qui les relie à travers les générations. Il nous invite à écouter ce qui demeure inexprimé, à ressentir la lente expiration de la mémoire à travers le mythe et à reconnaître le souffle lui-même comme un acte de résistance et de renouveau. Il marque non pas une fin, mais un début: une manière renouvelée de voir, d’écouter et de respirer à travers les récits qui nous façonnent.

À propos d’Evridiki Spiliadis
Evridiki Spiliadis est une photographe canadienne d’origine grecque établie à Tiohtià:ke / Montréal. Son travail explore les liens entre mythe et mémoire, corps et territoire, tout en rendant hommage aux récits visibles et invisibles qui façonnent notre identité.

Elle est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts (2025) et d’un baccalauréat en beaux-arts (2023) de l’Université Concordia, d’un baccalauréat en éducation (1997) de l’Université McGill ainsi que d’un diplôme en photographie de la Parsons School of Design (2000), où elle a étudié à New York et à Paris.

Spiliadis a présenté son travail dans le cadre d’expositions individuelles et collectives au Canada et en Grèce, notamment à la Fonderie Darling à Montréal. Elle est lauréate de la bourse d’études supérieures en photographie Mildred Lande et Margot Lande ainsi que de la bourse de mérite de l’Université Concordia.

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Enchevêtrement — Catherine Beaudette
Salle 2

Occurrence a le plaisir de présenter l’exposition Enchevêtrement de Catherine Beaudette dans la salle 2 de la galerie du 6 novembre au 12 décembre 2026.

La démarche de Catherine Beaudette s’enracine dans la matérialité du quotidien. Alliant son instinct de collectionneuse à son désir de documenter son environnement, elle recueille les résidus métaphoriques de notre époque. La forme d’un objet, les traces d’un spécimen : chacun devient un fragment qu’elle enregistre et réinvente. 

Fouillant dans les débris de la vie quotidienne, elle s’interroge sur la culture matérielle, la mémoire et la durabilité. S’inspirant de méthodologies de l’histoire de l’art, de l’archéologie, de l’anthropologie et de l’histoire naturelle, elle transforme ses observations en présentations quasi muséologiques. Sa pratique se situe à mi-chemin entre l’archive et l’invention, nous invitant à reconsidérer les récits, les histoires et les valeurs cachées dans les objets en apparence banals qui nous entourent.

Pour cette exposition, Beaudette s’inspire de ses parcours à travers des lieux reculés de la ville — sur la montagne ou le long des voies ferrées — où elle trouve des détritus et des vêtements abandonnés, traces des campements désaffectés qui occupaient autrefois ces sites. Les peintures qui en résultent sont à la fois des natures mortes, des études de drapés et des portraits dans lesquels les vêtements, symboles de confort et de prospérité, deviennent des marqueurs de précarité et de déracinement. L’introduction de matière végétale en décomposition constitue un geste de restauration au sein des lieux abandonnés, signifiant la possibilité d’un renouveau.

À propos de Catherine Beaudette 
Catherine Beaudette est une artiste canadienne, travailleuse culturelle et ancienne professeure à l’Université OCAD. Elle vit à Montréal et à Pictou, en Nouvelle-Écosse, où elle collectionne des objets et des spécimens qui servent de base à sa pratique artistique. Beaudette est la fondatrice de Bonavista Biennale et de 2 Rooms Contemporary Art Projects à Terre-Neuve, ainsi que de Gallery 202 à Pictou, et la cofondatrice de Loop Gallery à Toronto — des initiatives locales conçues pour encourager la durabilité culturelle et renforcer les communautés créatives. Elle a participé à des résidences artistiques en Grèce, en France, en Espagne, au Monténégro, à La Havane, à Dawson City, à Banff et sur l’île Fogo. Ses expositions récentes incluent Photo Gaspésie, au Québec ; La Vitrine et Produit Rien, à Montréal ; Hermes Gallery, à Halifax ; Northumberland Fisheries Museum, à Pictou ; et Ionion Centre, à Céphalonie, en Grèce.

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