
Archéologie sans histoire de Catherine Bond et Pierre Durette
- Vernissage le jeudi 28 août à 17h
- Lieu: Caravansérail
- Ville: Rimouski
Archéologie sans histoire est un projet qui plonge au cœur de l’intime. Il ne s’agit pas d’une grande fresque historique ni d’un récit linéaire, mais plutôt d’une archéologie de l’anecdotique, d’une fouille sensible et subjective dans les vestiges d’une rencontre humaine. C’est une capsule temporelle, un instant suspendu, une trace fragile qui interroge notre rapport à la mémoire, au réel et à la représentation. Loin de l’objectivité scientifique, cette archéologie-là convoque l’imaginaire, l’émotion et l’instinct.
Le temps d’une création, les artistes Pierre Durette et Catherine Bond ont fusionné leurs univers singuliers, en cherchant à amalgamer les thématiques qui traversent leurs pratiques respectives. On y retrouve des préoccupations communes: la menace latente, les frictions entre réalité et fiction, le sacré, l’inconscient. Ensemble, il·elle expérimentent une nouvelle forme de narration — éclatée, fragmentaire, sensorielle — où l’histoire n’est jamais entièrement donnée, mais à recomposer, à ressentir.
Un élément fondamental du projet réside dans le travail obsessionnel de collecte auquel les deux artistes se livrent depuis des années. Tou·te·s deux entretiennent un rapport singulier à l’image, quasi fétichiste. Leur démarche s’apparente à celle de collectionneu·r·ses compulsi·f·ves: il et elle amassent des banques d’images, des fragments visuels glanés au fil du temps dans des archives personnelles, des bases de données, des trouvailles anonymes ou accidentelles. Chaque image, chaque morceau d’image devient un objet de fascination, une pièce d’un puzzle sans solution.
Cette obsession visuelle se traduit dans leurs œuvres par une accumulation maîtrisée de références, de textures et de symboles. Il ne s’agit pas seulement de montrer, mais de faire voir autrement, de créer des liens inattendus entre des éléments disparates. L’image n’est jamais un simple support esthétique : elle est le point de départ d’un processus mental, affectif, parfois onirique. Elle ouvre des portes vers l’inconscient, vers des récits invisibles.
Archéologie sans histoire est une invitation à ralentir, à regarder autrement, à prêter attention à l’infra-mince, à ce qui d’ordinaire échappe à l’analyse. C’est un espace de résonance intime, un lieu d’interprétation libre où chacun est convié à projeter ses propres récits. Car derrière chaque image collectée, chaque objet mis en scène, se cache la possibilité d’une histoire — une histoire sans début ni fin, mais toujours profondément humaine.
Biographie
Pierre Durette (il, accords masculins) vit et travaille à Causapscal (Bas-Saint-Laurent) depuis 2015. Détenteur d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques (UQAM, 2006), il a participé à une trentaine d’expositions individuelles et collectives. Son travail a été exposé dans plusieurs établissements au Canada et à l’étranger tels que le Musée d’art contemporain de Montréal, Lacerte art contemporain (Montréal), la Cuadro Fine Art Gallery (Dubaï) et le Museo Nacional de la Estampa (Mexico). Ses œuvres font également partie de plusieurs collections publiques et privées, au Canada comme à l’international. Il a remporté plusieurs prix et bourses, dont le prix Artiste de l’année au Bas-Saint-Laurent (CALQ et Culture BSL, 2017) et la troisième place lors des VIIes Jeux de la francophonie à Nice. Plus récemment, son travail a été à Projet Casa (Montréal, 2024) et au Centre d’art de Kamouraska (2024).
Catherine Bond (elle, accords féminins) a présenté son travail dans plusieurs expositions solos et collectives, notamment à la Maison de la culture Pointe-aux-Trembles et à la Galerie Cache (Montréal, 2024) ainsi qu’au Centre d’artistes Caravansérail (Pied-de-nez, exposition des membres, 2022). Diplômée d’un baccalauréat en arts visuels (UQAM, 2005) et d’un en ergothérapie (Université de Montréal, 2008), Catherine vit et travaille à Saint-Ambroise-de-Kildare (Lanaudière). Elle partage son temps entre la pratique artistique et le soutien d’un groupe de création pour l’organisme Les Impatients.