Anne-Sophie Vallée et Lucy Gill
Cette rencontre se déroulera en français et en anglais.
Joignez-vous aux artistes de l’exposition Au seuil du corps sensible lors d’une période d’échange qui vous permettra de découvrir leur démarche artistique et d’approfondir votre compréhension des œuvres présentées !
« […] Dans l’œuvre d’Anne-Sophie Vallée, la mémoire surgit des empreintes portées par la matrice. Elle se loge dans le creux des moules en négatif, là où l’absence devient condition d’apparition. L’absence de l’objet poétise son incarnation écologique; ici, l’empreinte ne fixe pas, elle ouvre. Chez Amaralina Ramalho Alvarez, la trace devient cicatrice. Les fruits fanés évoquent des êtres diasporiques et reflètent une histoire marquée par la violence coloniale. Leur peau altérée devient archive, révélant les logiques d’exploitation qui ont présidé à leur circulation, faisant écho à la dégradation des corps travailleurs. Par la broderie, l’artiste transforme cette altération en geste de soin, de réparation et de résistance politique.Dans le travail de Lucy Gill, la mémoire s’incarne dans le prolongement de l’existence d’une matière périssable provenant de fruits abîmés, transformés en peau organique. Ce cuir poreux prolonge leur existence tout en donnant à voir un drap mortuaire déconcertant, parce que comestible. Entre décomposition, momification et régénération, cette surface ambiguë attire autant qu’elle dérange. Étendue au sol comme un drap mortuaire, elle trouble le regard par son caractère comestible : l’organique oscille entre désir et répulsion, entre vitalité persistante et annonce de la fin.
[…] »- Extrait du texte d’Émilie Granjon et Chiara Fossati