pendant que la lune s’éloigne, as the moon driftsaway

  • Vernissage le vendredi 29 mai à 17h
  • Lieu: Vaste et Vague
  • Ville: Carleton-sur-Mer

Amélie Bélanger, Alphiya Joncas, Emily Spooner, annik st-arnaud, Mariane Tremblay.
Commissaire: Noémie Fortin

La lune influence les rythmes du vivant. Elle module les marées, éclaire les mouvements nocturnes, accompagne les cycles de reproduction et pleure les morts. Son corps céleste façonne un temps long qui guide les rituels et veille sur les entre-mondes.

À mesure de son éloignement, nos relations se fragilisent et notre rapport au monde se redessine. La lente dérive de l’astre rocheux porte le présage des disparitions à venir. De là s’éveille un sentiment de deuil écologique qui s’infiltre dans les pertes annoncées : espèces qui s’éteignent, écosystèmes qui cèdent, pratiques qui s’oublient, paysages devenus méconnaissables.

L’exposition pendant que la lune s’éloigne réunit des artistes qui travaillent à partir de ces zones sensibles, là où la transformation devient perceptible. Nourries par des pensées écoféministes, leurs pratiques s’engagent dans une relation magico-poétique avec le vivant et ce qui est appelé à mourir. Elles tissent des liens entre le corps, la matière et le territoire ; elles jouent, construisent, invoquent. Elles nous enjoignent à nous endeuiller à leurs côtés.

Dans la lueur des feux follets, Emily Spooner dresse un autel funéraire qui réenchante la nuit et les occultations qu’elle couve. Elle se fait plante fantôme et papillon nocturne. Alphiya Joncas, elle, fabule des vies possibles sur des sols inatteignables. Elle s’apparente aux rochers qu’elle côtoie, s’y reconnaît, et s’invente des naissances minérales entre deux territoires d’hiver. annik st arnaud fait couler des incantations qui détournent les marées. Son installation envoûte, suit le mouvement des vagues et reflète les rotations de la lune. Faisant nid dans l’instable, Amélie Bélanger trouve refuge dans ce qui restera après les désastres. Elle reconnaît la force fragile de sa maternité dans les mues que les couleuvres ont laissées derrière. À l’écoute de la forêt, Mariane Tremblay et son fils jouent aux rois de la montagne et se transforment en souterreux. Baguettes de cuivre à la main, iels assemblent des matières à conduction qui font circuler les guérisons.

Leurs œuvres ne cherchent pas à retenir ce qui s’en va. Elles proposent plutôt des gestes d’attention, de mémoire et de soin. Ensemble, elles esquissent des rituels contemporains pour habiter le deuil écologique non pas comme une fin, mais comme une condition du présent.

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