Oiseau de malheur d’Annie Tremblay
- Vernissage le jeudi 2 avril à 17h30
- Lieu: Arprim
- Ville: Montréal
Je me sens sauvage et grégaire. Je suis très bien seule mais me sens faire partie d’une murmuration. Petite mais qui allons toutes dans le même sens, essayant de voler en accord avec (qui nous sommes) ce que nous sommes et obligée de changer rapidement de direction pour assurer notre protection, notre survie. Tout semble très beau de l’extérieur, un harmonieux ballet, mais l’urgence est intérieure, d’un équilibre fragile.
Un sentiment d’urgence constant, un désir de protection, une union sororale qui ne tient qu’à un fil, un viol, un féminicide.
Tel un oiseau de proie la vie d’une femme est remplie d’œufs, d’entrailles et de sang. Telle une proie nous sommes considérées.
Femme oiseau, femme entrailles, toujours épiée, une oiselle annonçant le malheur, comme une proie, toujours exposée.
Les mots de mes dessins sont une structure, une trame de fond, une tapisserie. Un décor dans lequel les femmes vivent. Elles disparaissent dans cette multiplicité qui se cache à l’œil. Cette multiplicité du nombre devient normale et s’érige en façade. Nous sommes prises par le décor, la tapisserie, la trame derrière la femme. L’ensemble devient normalité, les mots subliment, coulent faciles et naturels. Des mots durs et difficiles à voir et entendre. Des mots difficiles à vivre, qui ne devraient pas être utilisés mais qui sont le quotidien.
Des mots pour nous interpeller et qui supposément nous décrivent, nous appellent, nous reviennent et nous appartiennent.