Silas Wamsley, Practices of Crossing, 2025. + Vanessa Yanow, Sans titre. 2025.

Interêtre de Silas Wamsley et Vanessa Yanow

  • Vernissage le jeudi 26 février à 18h
  • Lieu: Galerie McClure
  • Ville: Montréal

Ruche d’art avec Silas Wamsley : 
« Techniques pour peindre des sujets surréalistes », 28 février 2026 de 10h30 à 13h
Ruche d’art avec Vanessa Yanow : « L’échange de manches », 28 mars 2026 de 10h30 à 16h
Table ronde avec artistes invité.e.s Michelle Nguyen, Salima Punjani et Melanie Garcia : 
« Les fils de l’identité : un échange de vêtements et d’idées », 7 mars 2026 de 15h à 17h

Cette exposition conjointe réunit les pratiques artistiques de Silas Wamsley et Vanessa Yanow, dont les œuvres interrogent la corporalité comme une condition instable, relationnelle et politiquement située. À travers la peinture, la sculpture, le textile et l’assemblage, l’exposition examine la manière dont les corps (humains et plus-qu’humains) se constituent par des processus de transformation, de vulnérabilité et de soin, en résistance aux cadres ontologiques et symboliques fixes. Ensemble, Wamsley et Yanow formulent un refus commun des binarités fixes: sacré et profane, corps et esprit, autonomie et dépendance.

Le travail de Wamsley s’inscrit dans un dialogue avec les modes historiques de la figuration et de l’iconographie, puisant dans les langages visuels de la Renaissance précoce tout en refusant délibérément leur lisibilité hiérarchique et didactique. Ses peintures à la composition dense représentent des figures en états de transition, où coexistent des modes d’être corporels et extracorporels. Des éléments humains, animaux, végétaux et symboliques s’y interpénètrent, produisant des corps qui résistent à la catégorisation et au confinement. Informées par la théorie du monstre, ces figures articulent la monstruosité comme une condition émancipatrice, déstabilisant les conceptions normatives du corps et révélant les limites de ce que les formes d’incarnation jugées « acceptables » ont historiquement été appelées à supporter.

En dialogue, la pratique multidisciplinaire de Yanow élabore un lexique visuel tactile qui met de l’avant l’interconnexion, la vulnérabilité partagée et l’éthique du soin. Par l’usage de matériaux superposés, d’objets trouvés et de structures abstraites, son travail invite à l’intimité et au toucher, positionnant la matérialité comme un lieu de production du sens relationnel. S’appuyant sur des recherches allant des théories queer et féministes à l’histoire des métiers d’art, à l’écologie et au soin (“care”) communautaire, Yanow reconfigure la joie comme une pratique politique et collective (résistante à l’individualisme) affirmant le soin comme mode de survie et d’épanouissement relationnel.

Silas Wamsley est un peintre basé à Kjipuktuk/Halifax, en Nouvelle-Écosse. Sa pratique picturale s’inspire de la figuration de la Renaissance précoce, du surréalisme et des bestiaires médiévaux. Il combine des figures humaines à des éléments végétaux, animaux (vivants ou morts), des objets et des textiles afin de représenter l’incarnation comme fondamentalement instable, relationnelle et fragile. Sur le plan conceptuel, son travail s’appuie sur la théorie du monstre ainsi que sur les études trans et crip de l’écologie. Il s’intéresse à l’histoire de la monstruosité dans l’art et mobilise ses figures pour explorer les limites de ce que le corps « normal » a historiquement été appelé à supporter. Il considère le monstre comme une figure émancipatrice, qui résiste au confinement et à la catégorisation, incarne le malaise culturel et existe aux marges de l’acceptabilité sociale.

Vanessa Yanow est une artiste visuelle originaire de Tiohià:ke / Montréal. Elle travaille à travers une diversité de médiums, incluant la broderie numérique, le collage textile, les artefacts, le verre travaillé à la flamme, la photographie, le dessin et l’assemblage. Sa pratique, profondément imaginative et tactile, est enrichie par des recherches portant notamment sur la représentation des femmes dans l’histoire de l’art et des métiers d’art, les sexualités et expressions de genre queer, les changements climatiques, la parasitologie et le care communautaire. Yanow a développé plusieurs corpus d’œuvres d’envergure et a exposé à l’échelle nationale et internationale. Ses sculptures font partie de la collection permanente de la Ville de Montréal, du Musée des métiers d’art du Québec et du Musée national des beaux-arts du Québec.

Événements à proximité