Iaohontso’ktá:tie / Traverser le territoire / La Biennale d’art contemporain autochtone

  • Vernissage le samedi 6 juin à 13h
  • Lieu: L’église Notre-Dame-du-Rosaire
  • Ville: Saint-Hyacinthe

La Biennale d’art contemporain autochtone (BACA), 8e édition

Une exposition présentée en deux lieux – EXPRESSION, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe et l’Église Notre-Dame-du-Rosaire – où se déploient deux approches thématiques distinctes.

Vernissage – samedi 6 juin 2026 – de 13h à 17h
En présence de Deny Obomsawin, ainé abénaquis et des commissaires.
Performances : Manitou Singers, Jamie Berry, Pounamu Rurawhe

Navette
À l’occasion du vernissage à EXPRESSION, un service de navette gratuit sera mis à votre disposition.

À L’ÉGLISE NOTRE-DAME-DU-ROSAIRE
2200 Rue Girouard O, Saint-Hyacinthe, QC J2S 5V2

Le corps comme transgression / Droit, esprit et interdiction

Artistes : Sonny Assu, Cholita Chic, Rodrigo Vazquez Guerrero, Stevei Houkāmau, Carlos Lara, Kent Monkman, Niio Perkins, Jose Ernesto Ferrufino Portillo, Juan Carlos Recinos, Lisa Reihana, Amanda Stowers, Nathan Taare, Uriel Urban, Volcancitto, Damian Xaneri, ARIA XYX.

Installée dans l’ancienne église Notre-Dame-du-Rosaire, cette intervention commissariale aborde le christianisme comme une technologie coloniale qui a réglementé les corps, réprimé les systèmes spirituels autochtones et structuré des régimes d’éducation et de contrôle social à travers les territoires. Cela inclut la criminalisation de la sexualité et du genre, ainsi que la répression systématique des pratiques cérémonielles, des langues et des systèmes de croyances, souvent présentés comme de la sorcellerie, du péché ou du culte du diable. Ces logiques se sont étendues à des institutions telles que les pensionnats et les écoles missionnaires, où l’architecture, la pédagogie et la doctrine ont concouru à discipliner la vie autochtone à tous les niveaux. À travers le dessin, la sculpture, la peinture, la vidéo, la projection, les odeurs, la performance et l’ornement, les artistes réintroduisent des spiritualités interdites, des souverainetés érotiques et des savoirs incarnés dans un espace historiquement façonné par l’interdiction. L’architecture sert de lieu de confrontation, où l’Église est démasquée comme une structure de contrôle. En son sein, les corps refusent d’être confinés, les pratiques spirituelles réapparaissent et les formes de savoir réprimées affirment leur présence. Il en résulte une reconfiguration du pouvoir, fondée sur l’incarnation, la cérémonie et le refus.

À EXPRESSION
495, av. Saint-Simon, Saint-Hyacinthe (QC) J2S 5C3

Le marché comme archive : économie, savoir des femmes et survie

Artistes : Tessa Alexander, Arawhetū Berdinner, Jacqueline Bishop, Josue Castro, Silvia Caxi, Filiberto Chali, Venuca Evanan, Jose Luis Fernando Morales, Ehikoo Odeh, Jakob Olive, Paula Rivera, TRAMA Textiles, Matt Tini, ARIA XYX.

Située au-dessus d’un marché public en activité, cette exposition aborde le marché comme une archive autochtone vivante, façonnée par le commerce, les déplacements et les systèmes de savoir des femmes. À travers la Mésoamérique et au-delà, les marchés ont longtemps servi d’espaces où les femmes autochtones soutenaient l’économie, préservaient les matériaux cérémoniels, transmettaient les savoirs artistiques et médicinaux, et assuraient la continuité culturelle malgré les bouleversements coloniaux.

Plutôt que de considérer l’échange comme distinct de la culture, les œuvres présentées ici appréhendent la circulation elle-même comme une forme de mémoire. Les textiles, les pratiques alimentaires, les fibres, les parures, les plantes et les objets artisanaux circulent à travers des relations de troc, de soin et de réciprocité qui continuent de structurer la vie autochtone à travers les territoires. Tout au long de l’exposition, les parures apparaissent comme une pratique marchande vivante, circulant à travers les pow-wow, les réseaux commerciaux autochtones, les marchés de rue et les systèmes de fabrication intergénérationnels qui relient l’esthétique, la cérémonie et l’échange. Dans ce contexte, le marché fonctionne à la fois comme une école, une infrastructure sociale, un site cérémoniel et un espace public de présence autochtone.

L’exposition remet également en question les modèles muséaux fondés sur l’accumulation et la permanence. La valeur se révèle à travers le mouvement, la réutilisation, la rencontre et la redistribution. À travers la sculpture, le textile, l’installation, l’ornement et la performance, les artistes mettent en avant des économies fondées sur la relationnalité et la survie, où les objets restent vivants grâce à l’échange et où le travail des femmes continue de perpétuer la mémoire collective à travers les générations.

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