Crédit images :
© Adam Basanta, Clocks Against Time, 2025 / © Julie Tremble, image tirée de la vidéo LUCABOT, 2026
Common Absurd d’Adam Basanta et LUCABOT de Julie Tremble
- Vernissage le vendredi 10 avril 17h
- Lieu: OBORO
- Ville: Montréal
Julie Tremble LUCABOT
Prolongeant les recherches de Julie Tremble sur la matière et l’univers, la vidéo LUCABOT (2026) se présente comme une science-fiction contemplative inspirée de découvertes récentes en cosmologie et en biochimie. L’œuvre propose une alternative aux récits classiques du voyage spatial : aux vaisseaux futuristes et aux conquêtes intergalactiques se substitue ici la quête solitaire d’un minuscule robot biologique parcourant le cosmos à la recherche d’une signature ADN.
Si le mot LUCA renvoie à l’acronyme de Last Universal Common Ancestor, désignant en biologie l’ancêtre cellulaire commun à toute forme de vie sur Terre, LUCABOT en propose une lecture éclatée qui navigue entre les registres philosophique et apocalyptique. Le point de vue adopté ne se situe pas à l’échelle humaine, mais à celle du vivant lui-même. Par ce déplacement, l’œuvre illustre l’unité fondamentale de la matière organique et invite à repenser notre relation au monde loin des discours misanthropiques, tout en laissant affleurer l’urgence socio-écologique et politique de notre époque.
Adam Basanta Common Absurd
La réalité est devenue poreuse. Le quotidien se vit à travers deux registres qui convergent exponentiellement : le physique et le numérique. Idées, faits, cultures et visions du monde circulent sans cesse d’un espace à l’autre, bondissent et se reforment. Reflétant ces fluctuations, Common Absurd propose une nouvelle série d’œuvres sculpturales d’Adam Basanta. Objets de la vie quotidienne réappropriés et trafiqués, dispositifs mécaniques, ordinateurs et nouvelles technologies désuètes coexistent, unis par des liens invisibles.
Ensemble, les œuvres suggèrent une version contemporaine de la caverne de Platon : dans un monde où les jeux d’ombres numériques sont perçus comme le réel, les idées confuses qui en émergent se traduisent en langage sculptural. Le matériel et le virtuel s’entrelacent, chaque reflet résonne avec le suivant, formant des chambres d’écho qui révèlent l’instabilité de ce qui est perçu. Le sens se trouve bousculé et ce qui semblait stable apparaît alors comme provisoire, contingent et perméable.