Appel à textes et oeuvres : Le Sabord no 134 – suspension

  • Date limite: 15 mai 2026
  • Catégorie: Appels de dossiers
À l’inverse de l’enracinement, la suspension implique un état fébrile, mais stabilisé, à la fois vulnérable face aux éléments, mais aussi flexible, résilient. Elle est un espace habité, mais non définitivement situé, quelque part entre le sol et le ciel. Si le sujet est fixé par un système malléable d’accrochage aux cimaises, il demeure libre.

À la manière du ressort et de l’amortisseur, la suspension permet également de relier masses suspendues et masses non suspendues. Souple, elle agit comme médiatrice, comme intermédiaire entre le statique et le balancement, accusant les coups physiques et émotionnels. En effet, la suspension des mouvements intérieurs est essentielle pour cultiver l’écoute profonde et attentive de l’autre, pour se suspendre à ses lèvres.

Finalement, l’action suppose de renoncer, pour une période donnée, à une faculté, dont celle de l’incrédulité. Grâce à elle et à la force de l’esprit, une personne peut s’abandonner entièrement à une fiction, y ressentir les revirements émotifs comme s’il s’agissait des siens propres, et par le fait même étendre son champ d’expérience et sa connaissance du monde.

Pour ce 134e numéro, Le Sabord vous invite à visiter cet état où les pieds ne touchent pas terre pour créer des fictions oscillantes, à la fois fixes et flottantes, fidèles comme irréelles. Vous avez jusqu’au 15 mai 2026 pour soumettre texte et œuvre.