Crédit photo : RCAAQ

Et la culture, dans tout ça ?

Alain Rayes
La Presse
23 septembre 2026

Depuis le déclenchement de l’élection, nous avons parlé de santé, de coût de la vie, de logement, d’immigration, de guerre commerciale, de fonction publique, de taxes et d’impôts, d’un troisième lien et d’un référendum. Tous des sujets importants.

Mais la culture ?

Elle semble encore une fois condamnée au rôle de figurante dans une campagne où l’on prétend pourtant discuter de l’avenir du Québec.

Soyons justes : les partis ont des propositions. Le Parti québécois veut faciliter l’accès des jeunes à la culture et augmenter le financement du Conseil des arts et des lettres du Québec. Québec solidaire propose une hausse substantielle du financement culturel et un projet de filet social pour les artistes. Les libéraux avancent des mesures touchant les livres, les sorties culturelles à l’école et les contenus francophones. De son côté, la CAQ met de l’avant sa stratégie de 609 millions de dollars sur cinq ans pour l’audiovisuel québécois.

Les propositions existent donc. Ce qui manque, c’est la conversation. Et ce silence m’étonne.

Jeudi dernier, en pleine campagne électorale, j’étais devant les membres de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières avec Frédéric Laurin, professeur d’économie à l’UQTR. Le titre de notre conférence : Culture et économie : de véritables partenaires de scène.

Oui, oui, parler de culture devant des gens d’affaires.

Quelques chiffres devraient suffire à faire tomber certains préjugés. En 2024, la culture représentait près de 14,4 milliards de dollars du PIB au Québec et plus de 166 000 emplois. À cela s’ajoutent les retombées indirectes : dans les restaurants, les hôtels, les commerces, le transport et le tourisme. Quand un spectacle, un festival, une exposition ou un musée attire du monde, toute l’économie locale en profite.

À titre de comparaison, l’industrie aérospatiale québécoise compte quelque 43 000 emplois et le secteur forestier, plus de 57 000. Des secteurs stratégiques que nos gouvernements n’hésitent pas à soutenir lorsque les circonstances l’exigent. Comme on le constate avec la guerre commerciale.