Tanner le blanc des mornes d’Emilie Pedneault

  • Vernissage le jeudi 15 octobre à 17h à l’Espace Panache
  • Lieu: Panache art actuel
  • Ville: Sept-Îles

𝙏𝙖𝙣𝙣𝙚𝙧 𝙡𝙚 𝙗𝙡𝙖𝙣𝙘 𝙙𝙚𝙨 𝙢𝙤𝙧𝙣𝙚𝙨 s’inscrit dans une recherche menée depuis plusieurs années sur la perplexité morale — notamment, celle qui naît d’une perplexité sensorielle — et de ses effets sur notre manière de percevoir le monde. Le projet repose sur l’idée qu’un véritable déplacement du regard ne peut advenir sans une transformation des codes qui structurent notre interprétation du réel. Tant que ces repères demeurent inchangés, la normalité agit comme un automatisme limitant toute reconfiguration sensible.

Le projet est intimement lié à une expérience perceptive autistique, non comme sujet explicite, mais comme manière d’organiser l’espace, les formes et les couleurs — la hiérarchisation des sens étant complexe et de ce fait, impossible à arrêter sur une définition de ce qu’est la normalité. Deux temporalités traversent l’exposition : les dessins, lents et minutieux, invitent à une contemplation prolongée, tandis que les peintures, plus instinctives, explorent la matière et la texture. L’ensemble propose une expérience sensible où les normes perceptives se fissurent, ouvrant la possibilité d’un regard renouvelé sur le monde.

L’exposition réunit de grands dessins à la plume sur papier Arches et des peintures à l’huile figuratives qui empruntent volontairement à des formes reconnaissables, presque classiques, afin d’en détourner subtilement les conventions. Ces décalages instaurent un état de perplexité douce où les repères habituels deviennent instables.

À PROPOS DE L’ARTISTE
𝗘𝗺𝗶𝗹𝗶𝗲 𝗣𝗲𝗱𝗻𝗲𝗮𝘂𝗹𝘁 est artiste en arts visuels et autrice. Sa pratique s’élabore à partir du détail et des rapports ténus entre les choses : les traits de l’encre sur le papier, les objets dans leur agencement, le rythme des mots.

Ancrée dans une exploration de la perplexité morale et sensorielle, sa démarche vise à altérer les cadres perceptifs du regardeur et du lecteur, à déplacer leurs modes d’appréhension du réel. Elle cherche ainsi à faire advenir un espace de rencontre, précaire, où le langage se fissure et où peut émerger une forme d’empathie partagée. Elle vit et travaille à Baie-Comeau.

Emilie Pedneault a publié plusieurs zines à compte d’autrice ainsi que deux recueils de poésie, Éventrer le bois (2021) et Crâbe (2023), parus aux Éditions de la Maison en feu. Candidate à la maîtrise en création littéraire à l’Université du Québec à Chicoutimi, elle développe une pratique à la croisée de l’écriture et des arts visuels, qu’elle a présentée dans divers lieux à travers le Québec.