Chouinard-Poirier et Michalska + Théoret-Jerome

  • Vernissage le jeudi 3 septembre à 17h
  • Lieu: Écart
  • Ville: Rouyn-Noranda

Sarah Chouinard-Poirier et Kinga Michalska
Pologne-en-Québec

En collaboration avec AXENEO7
Résidence : 20 août au 7 septembre 2026

C’est une histoire dans une histoire dans une histoire. Ça commence par Sarah Chouinard-Poirier et Kinga Michalska, respectivement d’origine québécoise et polonaise, qui entremêlent leurs vies, leurs interrogations et leurs démarches artistiques. Pologne-en-Québec, leur installation vidéo empruntant les codes du documentaire, présente un récit de fiction entremêlant témoignages et scènes du quotidien. Dans un désir de rassemblement et de création collective, Kinga et Sarah ont convié des ami·e·s, toustes artistes, à imaginer des personnages inspirés d’elleux-mêmes, puis à les incarner pour improviser au sein d’un scénario oscillant entre la vraisemblance et l’excès.

On suit ainsi un groupe d’ami·e·s queer tentant de faire communauté autrement en investissant la ruralité. À travers les multiples comités, un projet de théâtre et une production de cornichons issus d’une recette traditionnelle polonaise, le film questionne les limites de nos ambitions révolutionnaires, les contradictions de nos tentatives d’inclusion, les points de friction émergeant de la rencontre interculturelle, et les schémas qui freinent la matérialisation des idéaux. Comme une mise en abîme du premier film, Wesele donne accès à une adaptation mutante de la pièce de théâtre du même nom, montée par les personnages de Pologne-en-Québec. Ce texte culte du répertoire polonais critique l’idéalisation bourgeoise de la vie campagnarde. La conversation entre les œuvres permet alors un dédoublement et un approfondissement des thèmes.

La dernière histoire est celle qui se déroule à l’Écart. Campés dans un décor de cinéma extérieur devant trois grands écrans, les spectateurices assistent à une diffusion immersive. Derrière l’écran qui projette Wesele apparaissent des éléments du décor, brouillant encore une fois la frontière entre fiction et réalité. Si, au premier regard, on peut croire à une simple soirée cinéma, le visionnement est une invitation à dialoguer, à se remettre en question, à rire, et à se reconnaître humblement, dans les désirs comme dans les limites de ses différents personnages. — Texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau

D’abord présentée à AXENÉO7, l’exposition Pologne-en-Québec de Sarah Chouinard-Poirier et Kinga Michalska s’inscrit dans Terres en mouvement, une initiative portée par les centres d’artistes AXENÉO7 et l’Écart, ainsi que soutenue par le Conseil des arts et des lettres du Québec dans le cadre du programme Soutien à des initiatives structurantes pour la circulation d’œuvres en arts actuels.

BIO

Kinga Michalska est un·e cinéaste et artiste visuel·le queer polonais·e basé·e à Tiohtiá:ke/Mooniyang/Montréal. Sa pratique s’intéresse à la périphérie de ce qui fait l’histoire et de ceux qui la font. Iel utilise la photographie, le cinéma et les installations vidéo pour explorer les espaces culturels communs. Titulaire d’une maîtrise en photographie de l’université Concordia à Montréal, son travail a été présenté dans de nombreux festivals et expositions au Canada, en Corée du Sud et à travers l’Europe. Son premier long métrage documentaire, BEDROCK (2025), a été diffusé en première au Festival du film de Berlin et a remporté le prix du meilleur film polonais au Millennium Docs Against Gravity.

Sarah Chouinard-Poirier est un·e artiste basé·e à Tiotia:ke/Mooniyang/Montréal qui aborde la performance, le film et l’écriture de manière indisciplinaire. Iel pense des scénarios souvent performatifs et parfois collaboratifs, ancrés dans les flux de conscience, les histoires vernaculaires, la théâtralité et l’intertextualité à travers lesquelles se révèlent les liens entre les politiques publiques, la classe, le genre et la dépossession. Surtout, iel s’intéresse aux stratégies pour se venger et faire communauté. Son travail a été accueilli dans plusieurs centres d’exposition, musées, centres d’artistes, festivals de performance et d’arts vivants, conférences, débits de boissons, espaces autogérés et bâtards à travers le Québec, au Mexique et en Pologne. 

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Fabienne Théoret-Jerome
Anicinabe

Résidence : 8 août au 2 septembre 2026

Fabienne Théoret-Jérome misinibigenikwe, kako takonik ojibiginatokoni mi ejitcigetc.

Mojak otokonan ojibiginecikwemigoc. Omisinibiyan kotc kekoni ewi matinimagetc eji wabitik kekoni. Ka pitikeckakotc acitc ka iji madjimakinik pitciye winkak. 

Val-d’Or ki iji nitakiyakini. odjodjomin anicinianbehin, wabickiye odadamin. 

Tapickotc ka iji ayiyemiyenaniyok inetakon. E kipitcikabowin, e pakosetcikiyen, e icpinabiyin.

Mi e inetakonik e misinibigetc. 

Cawenitcige acitc onadekenidan anicinabe akini. 

Opipa minikon kakenidamowin acitc nibakwawin. 

Tapickotc otinineniman aki mamawi awiyekon. 

Aka kidji ozamiyakinitc aki.

Kiyabitc nikan kidji madjiyomakinik akini oci mikidan kekoni Fabienne.

Kidji mino takiikinik madisiwini.

Mekwatc etaji mikitik oticitcikewin.

Kita micani ka ojitotc 

omisinibiyan awiekon wiyon

maniyok awiyekok acitcawesisak, mitikok e nitakiikanik pitciye wiyon.

Ickwak Adikok ima kitinakosiyok.

Wi wapitiye aka kinige eki witikowakiniwatc adikok acitc anicinabe.

Miziyeni ke misinibigetc atisokan ima takon 

Kidji mawasikokatimiyek aji aki, aka kidji kitimakinakok.

Mino madisiwin kidji nikanisotomiyek.

mi ima ke takok widokotatowin

— Texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau, traduit par Kigos Papatie

Fabienne Théoret-Jerome dessine depuis qu’iel sait tenir un crayon. On ne saurait l’apercevoir sans un carnet à noircir de ses observations, comme des témoins du regard qu’iel pose sur le monde, sur les êtres qui l’habitent et sur le mouvement qu’ils engagent. Pour l’Anicinabekwe grandie à Val-d’Or d’un père québécois et d’une mère anicinabe de Lac-Simon, le dessin s’impose comme une forme de prière; un temps d’arrêt, de gratitude et de contemplation qui exige une présence complète et attentive envers son sujet.

Dans une posture d’amour et de curiosité insatiable envers le territoire, et accompagnée par la connaissance et la sagesse anicinabe, Fabienne cherche à représenter l’humain comme une part intégrante de la nature plutôt que comme une figure cherchant à la dominer. De la même façon que la faune et la flore peuplant le territoire sont le résultat de longues années d’évolution, Fabienne pense son art dans la continuité : chaque œuvre est le fruit de toutes les autres et s’inscrit dans l’interconnexion du monde et de celleux qui le forment.

Dans le cadre de sa résidence à l’Écart, l’artiste souhaite faire culminer son travail créatif et son vécu à travers la création d’une grande murale où se côtoient, à l’intérieur d’une silhouette humaine, des formes d’animaux, de plantes, et des symboles évoquant sa spiritualité. Une place particulière est réservée au caribou, comme l’expression de notre faillite collective à protéger la forêt boréale et à faire confiance au savoir des peuples autochtones. En peignant une image englobante, reflet du caractère holistique qu’iel donne au monde, Fabienne tend une main vers l’autre. Iel invite les visiteurs et les visiteuses à entrer humblement dans son univers de pensée. L’artiste propose ainsi une mise en action commune vers la cohabitation, vers une réconciliation inclusive avec la nature et entre les peuples. — Texte de Gabrielle Izaguirré-Falardeau

BIO

Illustrateurice et graphiste, Fabienne Théoret-Jerome crée des œuvres qui mettent en lumière la diversité des expériences anicinabek. À travers ses images, iel cherche à représenter les siens dans toute leur richesse : multiples, expressifs, drôles, émotifs et complexes, loin des représentations figées ou réductrices.

Parmi ses réalisations marquantes, iel signe les illustrations du livre Odibi, qui retrace l’histoire des familles du Lac-Simon. Iel participe également au projet MADAMIKANA – la croisée des chemins, une initiative de médiation artistique portée par Minwashin visant à reconnaître et célébrer la présence millénaire des Anicinabek à travers six œuvres d’art public permanentes installées aux quatre coins de l’Abitibi-Témiscamingue.