Elwha's Healing (detail), Carolina Caycedo, 2025.
Carolina Caycedo
- Vernissage le samedi 28 février à 17h
- Lieu: VU
- Ville: Québec
Rendez-vous à Méduse le samedi 28 février prochain pour la soirée d’ouverture de la douzième Manif d’art! Pour l’occasion, VU présente une exposition de Carolina Caycedo. La galerie sera ouverte à partir de 17h pour accueillir les visiteur·euses.
L’eau est au cœur de la pratique de Carolina Caycedo; elle y incarne une entité vivante et spirituelle, dotée de ses propres droits. Dans son projet au long cours Be Dammed (en cours depuis 2012), l’artiste aborde, tant de l’intérieur que de l’extérieur, des enjeux persistants liés aux projets de mégabarrages qui ont façonné les économies politiques de sa Colombie natale ainsi que d’autres régions d’Amérique latine et du monde entier.
Son Serpent River Book (2017) serpente dans la galerie tel un fleuve indomptable. Ainsi déployé dans l’espace, il assume de multiples fonctions – à la fois partition, outil d’atelier, manifeste, capsule temporelle, archive vivante, etc. La vidéo Esto No Es Agua / This Is Not Water (2015) constitue un portrait similaire de la chute Las Damas dans la ville de Garzón, au sud de la Colombie. La bande sonore est composée de la manipulation des bruits de la chute, mélangés à un extrait de flûte de millo, un instrument autochtone traditionnel.
De l’autre côté de la salle, Elwha’s Healing (2022) est une fresque monumentale représentant la rivière Elwha, dans le nord-ouest des États-Unis, où des barrages érigés au début du 20ᵉ siècle ont été démantelés après des décennies de mobilisation. Le regard glisse de l’horizontalité du River Book à la verticalité d’un milieu restauré. Dans cette composition, Caycedo combine des vues satellites pour créer des images inédites de l’« hydropaysage », qui rejette le regard occidental cherchant à consommer des représentations pittoresques de la nature. Ce sentiment d’entrer soi-même dans le paysage et d’en ressentir le rythme se prolonge dans Fuel to Fire(2023). Cette projection vidéo donne à voir un rituel de pagamento, ou rituel de restitution, une performance axée sur le bien-être et la préservation du páramo de Santurbán, un écosystème connu pour ses gisements aurifères. Dans ce protocole écologique et économique autochtone, les gestes de restitution et de renoncement apparaissent comme un remède au mal engendré par l’accumulation.
Avec l’aimable collaboration de la SBC Gallery.