Yam Lau et Mireille Lavoie, vernissage le jeudi 21 avril à 17h chez B-312

YAM LAU
REHEARSAL

La Galerie B-312 est heureuse d’accueillir dans sa petite salle Rehearsal, une œuvre récente de Yam Lau, artiste canadien originaire de Hong Kong. Combinant l’animation par ordinateur et la vidéo numérique, Yam Lau crée des espaces virtuels dont les éléments s’entrecroisent et se multiplient de façon fluide.—L’œuvre Rehearsal rassemble des objets et des motifs dans un espace en changement constant. Initialement, la caméra tourne autour d’une table sur laquelle reposent des volumes d’allure architecturale. Un effet de moiré et des ombrages ajoutent des textures à l’image. Des silhouettes translucides s’apparentent à des cintres et à des treillis. Graduellement, ces éléments flottants s’emboîtent pour construire un nouvel espace : les cintres se transforment en charpente, les treillis en murs. Avec la perspective rapprochée, le moiré devient de la pluie. Une présence humaine apparaît, multipliée par les effets de réflexion. L’œuvre demeure ancrée dans le réel par l’intégration de vidéo et par la bande sonore, mais l’organisation fluide du lieu lui confère un aspect poétique. En fait, il est possible d’aborder Rehearsal comme une seule image complexe, dont la lecture change suivant les effets d’échelle et l’organisation des motifs.—Certaines œuvres récentes de Yam Lau incorporent des éléments de la culture chinoise, en dialogue avec des mises en scène de la vie quotidienne. Par exemple, dans Rehearsal, l’artiste intègre discrètement des motifs typiques de l’architecture chinoise, alors que nous assistons en ce moment-même à la suppression d’artefacts culturels engendrée par le développement fulgurant de la Chine actuelle. En ce sens, on croit deviner, à même ces œuvres de Yam Lau, une certaine forme d’engagement.
—Mathieu Ménard

Originaire de Hong Kong, Yam Lau réside actuellement à Toronto. Il a présenté de nombreuses expositions individuelles et collectives au Canada, aux États-Unis et en Europe. Son travail a été exposé notamment chez Optica (2007), à la Forest City Gallery, London, Ontario (2008), au Yuanfen New Media Art Space, Pékin (2009) et au Musée d´art de Joliette (2010). Son travail a également fait l’objet de plusieurs publications. Il est actuellement chargé de cours au Département des arts visuels de l’Université York. Yam Lau est représenté par Leo Kamen Gallery à Toronto et Yuanfen New Media Art Space à Pékin.
www.yamlau.com
 

MIREILLE LAVOIE
DATCHA

La Galerie B-312 est heureuse de présenter dans sa grande salle DATCHA, une sculpture de Mireille Lavoie. L’artiste emboîte des morceaux de contreplaqué pour échafauder un plan incliné intégré à l’espace d’exposition. Des segments de contreplaqué incorporant des motifs découpés sont déposés sur cette structure. Les motifs laissent apparaître des interstices rappelant les grilles d’aération des maisons anciennes. Deux demi-sphères enchevêtrées forment le sommet, et la forme sculpturale est complétée par un banc intégré aux fenêtres de la galerie.—Par sa façon de travailler le contreplaqué, la démarche de Mireille Lavoie suggère une double préoccupation pour l’aspect évocateur de la figuration et pour les limites de la matérialité. Le découpage méticuleux du contreplaqué fait émerger des motifs végétaux. Ces formes organiques s’inspirent librement de la décoration qu’on pourrait retrouver dans les maisons de campagne. En même temps, ces interventions répétées poussent le matériau aux limites de sa flexibilité : la texture brute et la fragilité du bois émergent. Le contreplaqué peut alors prendre des formes courbes et ondulées, difficiles à envisager en observant le matériau à son état d’origine. De même, l’odeur caractéristique du bois découpé apporte une dimension olfactive à l’œuvre, qu’on ne peut ignorer.—Au premier coup d’œil, l’aspect massif de DATCHA, empruntant à la fois au paysage et à l’architecture, guide la lecture de l’œuvre. En s’asseyant sur le banc, le spectateur accède à un point de vue plus intime, ouvrant la voie à une deuxième lecture du paysage. Le contraste entre la masse de la sculpture et la délicatesse des motifs découpés engendre une certaine tension. L’œuvre suggère une réflexion poétique sur la division entre l’espace public et l’espace privé.
—Mathieu Ménard

Mireille Lavoie a complété une maîtrise à l’Université Laval en 1997. Elle a notamment présenté son travail chez Dare-Dare (1999), à la Galerie Joyce Yahouda (2007), dans le cadre de Artefact Montréal 2007 – Sculptures urbaines, sous le commissariat de Gilles Daigneault et de Nicolas Mavrikakis, Montréal (2007), au centre Vu et à la Galerie Le 36, Québec (2009). Depuis 1999, elle enseigne au Cégep Édouard-Montpetit à Longueuil.

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