Image : Francis Arguin

Vernissage le vendredi 5 novembre à 20h à L’Oeil de Poisson

Sébastien Cliche (Montréal)
MICRODRAMA

Le travail artistique de Sébastien Cliche s’exprime dans les champs de l’image, du texte et du son. Il se présente sous différentes formes : image photographique, installation, art Web, art audio ou performance audiovisuelle. Ses projets sont motivés par la possibilité du récit et répondent à une compréhension narrative du monde. L’artiste s’intéresse principalement à la représentation de système de défense psychologique. C’est à partir de fragments, qu’il articule des récits ouverts qui mettent en scène le contrôle des émotions dans un univers fantastique qui emprunte au cinéma de genre (horreur, film catastrophe, science-fiction). À partir de là, c’est toute la part de fabulation en rapport à ces sentiments qui est mise à l’avant-plan. Les thèmes qu’il aborde se présentent souvent sous un aspect paradoxal. Ses œuvres proposent des situations non résolues qui offrent des pistes contradictoires. La volonté d’impliquer le spectateur, en l’amenant à se positionner dans le récit, est l’un des moteurs de sa création.

Entre le laboratoire et le plateau de tournage, l’installation MICRODRAMA que présente Sébastien Cliche dans la Grande Galerie, fonctionne comme un système de relais entre différents fragments narratifs. Quelqu’un observe quelque chose : un paysage, une trace, une cicatrice. Ensuite, dans un jeu d’échelle, qui fait basculer l’espace entre le microscopique et le macroscopique, un événement se joue en boucle, suspendu dans l’attente d’un dénouement qui tarde à arriver. Résolu à ne pas demander d’aide, l’observateur demeure coincé dans une position paradoxale : en contrôle, mais tout à fait impuissant.

Actif depuis la fin des années 90, Sébastien Cliche a présenté son travail lors de plusieurs expositions individuelles et collectives, notamment à SKOL (Montréal, 2003), au LandymoreKeith Contemporary Art (Toronto, 2006) et à Séquence (Saguenay, 2009). En 2007, il était commissaire de l’exposition itinérante L’Oreille dans l’œil présentée à Clark (Montréal), à la Galerie 101 (Ottawa) et à l’Œil de Poisson (Québec). Au cours de l’année 2010, il effectuait une résidence au Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines de Strasbourg en France et sa performance audiovisuelle L’inertie agitée était présentée lors du festival MUTEK de Montréal. Une publication conjointe avec l’auteur de fiction Serge Lamothe sera lancée prochainement aux Éditions J’ai Vu dans la collection L’image Amie. Sébastien Cliche vit et travaille à Montréal.

Francis Arguin (Québec)
Mes économies

Francis Arguin travaille, depuis 2007, principalement en installation. Sa production plastique s’inspire d’objets communs de natures diverses (meubles et autres biens d’abondance, éléments architecturaux, schémas, objets signalétiques, etc.) qui sont choisis d’une manière très spontanée, tantôt pour leurs caractéristiques formelles, tantôt pour leur potentiel narratif, tantôt pour une raison imprécise et inavouée. Son travail emprunte au design (graphique et industriel) sa minutie et sa rigueur formelle tout en boudant ses préoccupations fonctionnelles pour faire place à des principes ludiques, voire esthétiques. L’artiste aménage des territoires qui font écho à la façon dont se développent et se présentent aujourd’hui les espaces domestiques, publics, médiatiques et commerciaux. Ses installations sont à la fois empreintes de détails, d’un goût pour les petites choses, ainsi que d’un certain plaisir pour les choses embarrassantes, quelques fois énormes. Entre le banal et le poétique, Francis Arguin élabore, non sans humour, un vocabulaire formel singulier, amusé et déroutant.

L’exposition Mes Économies rassemble un amoncellement d’objets, dont plusieurs hybrides, qui sont à la fois sculpture et dessin. Ici, la représentation semble être un prétexte au faire. Tout est bel et bien bricolé. Évoquant plus ou moins directement quantité de choses communes, les divers objets sont disposés librement, comme s’ils faisaient partie d’un gros jeu de blocs. L’ensemble peut se lire comme un répertoire fragmentaire d’objets culturels se référant à l’architecture, au monde du travail, à la vie quotidienne, à la sphère commerciale et au paysage urbain.

Originaire de Rouyn-Noranda, Francis Arguin vit aujourd’hui à Québec. Il détient un baccalauréat en arts plastiques et un autre en communication graphique, tous deux de l’Université Laval. Dernièrement, son travail d’installation a été présenté à Regart (Lévis), Caravansérail (Rimouski), L’Écart… lieu d’art actuel (Rouyn-Noranda), Espace Virtuel (Chicoutimi), ainsi qu’au centre Walden Affairs à La Haye (Pays-Bas). Ses performances ont été présentées dans plusieurs villes au Québec, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Europe ainsi qu’en Asie. Il bricole ausi de la musique au sein du groupe Vente de feu.

Andréanne Fournier (Montréal)
Dix ou quinze litres de sang sont propulsés hors du cœur à chaque battement avec une pression immense

À travers son travail artistique et ses recherches, Andréanne Fournier explore des thématiques liées à la peur, à l’horreur, à la violence psychologique et au deuil. Elle utilise ces expériences traumatisantes comme points de départ afin de créer de nouvelles esthétiques et de nouvelles pistes formelles. En résultent des oeuvres étroitement liées aux émotions, aux sentiments, aux intuitions, et à leurs
paradoxes respectifs. Ces créations, qu’elles soient d’ordre sculptural ou vidéographique, font une large part aux identités ambigües et inachevées à travers une esthétique de l’androgynie, de l’entre-deux et du presque être.

Andréanne Fournier présente dans l’Entrée Vidéo de l’Œil de Poisson, un film d’animation de 15 secondes diffusé en boucle. Ce film aborde les thèmes de la nordicité, de l’instinct et de la survivance, que l’artiste résume en ces termes : «Vivre dans les territoires du Nord et de l’hiver, c’est survivre. C’est se battre à chaque instant. Arrêter de lutter, c’est laisser le froid prendre la place, c’est mourir. Pris dans un cycle continuel, soit celui du temps qui ne s’arrête jamais, comment trouver l’énergie, la force de continuer à se battre? La fatigue, comme l’hiver, envahit tout et nous emplit peu à peu».

Andréanne Fournier vit et travaille à Montréal. Détentrice d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), son travail artistique a été
présenté, depuis 2006, lors de plusieurs expositions solos et collectives, et lors de conférences, au Québec, en Finlande et aux États-Unis. Elle a effectué en 2010, une résidence de trois mois en Finlande et en prépare deux autres pour l’hiver 2011, la première à Tampere en Finlande et la seconde à Trondheim en Norvège.

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