Suguna Sridhar & Megan Kelley (Extrait vidéo)

Second Sight, soirée de projections le jeudi 26 mai 19h à La Centrale

Ce programme est une présentation distincte et subjective du milieu du film expérimental et de la vidéo d’art issus de l’Inde et de sa diaspora. Même si cette sélection n’est d’aucune manière exhaustive ou représentative, chaque œuvre traite autant de l’exploration formelle que du contenu. Ces vidéos, collaboratives ou non, puisent toute leur inspiration dans le personnel. Cependant, ce moi est ici complexifié afin d’inclure un « soi » qui dépasse le « je » et ainsi comprendre le construit, le collectif et le « moi-autre » . Le site et la mémoire se mêlent à la fantaisie afin de créer une familiarité fictive qui se ressent à travers toutes les œuvres.

Le programme commence avec l’animation Memory : Record/Erase (10 min, 1996) réalisée par une des premières et plus importantes artistes en vidéo de l’Inde, Nalini Malani, mieux connue pour son travail avec les ombres. Cette œuvre interprète The Job de Bertolt Brecht relatant le souvenir d’une femme appauvrie qui doit se faire passer pour son mari décédé afin d’obtenir son emploi comme veilleur de nuit. Cette vidéo fut originalement réalisée pour une production théâtrale, où Malani était aussi responsable de l’installation, du décor et de la direction artistique.

Dans Jan Villa (20 min, 2010), la réalisatrice de films expérimentaux Natasha Mendonca retourne à son Bombay natal pour y examiner l’impact personnel des inondations dûes à la mousson de 2005. Sa caméra expressionniste nous emporte pour un périple où la destruction causée par ces inondations devient une source de récit et de démantèlement pour d’autres désastres, ainsi que des sanctuaires de famille et de maison.

Second Sight (6:23 min, 2010) est une œuvre collaborative entre Suguna Sridar (réalisatrice et poète) & Megan Kelley (artiste visuelle). « L’ombre et le soleil sont la même chose, les dieux disparus m’apparaissent, et l’un pour moi est la honte et la célébrité. »Dans ce poème, l’artiste invoque la fumée, les miroirs, la noirceur accumulée, la lumière, et deux soi-même afin d’explorer la discontinuité et la nature interdépendante d’une routine pratiquée à Trenton, NJ. Des taudis post-industriels, une commémoration de la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que la vie de l‘artiste et de ses espaces de travail sont réinventés pour transmuter le très cité poème de l’auteur Emerson, « Brahma » (1856).

Sculpteur de formation Kiran Sabbaiah a longtemps tenu une position idéologique pseudo-anarchiste et duchampienne. Afin de mieux comprendre son travail, l’un a besoin de rencontrer le côté ingénieux, singulier et souvent frustrant de sa personnalité publique. Flight Rehearsals (4 min 40, 2003) fournit un récit philosophique de l’artiste exprimant son désir de voler. Une narration introspective de Subbaiah combine faits historiques et anecdotes superflues, en soulignant notre besoin de rêver. Rusé dans son utilisation de stratagèmes visuels, Kiran questionne les origines du désir en suggérant que notre intellect est perturbé et décousu par des ambitions élevées qui dérangent notre relation au monde physique.

Le programme se termine avec Cardboard Moonlight (15 : 7min, 2003), une collaboration entre Stephanie Adcock & Vishal K. Dar. « Cette oeuvre a été inspirée par un voyage en Californie pour voir une performance de Marta Becket à la Armagose Opera House. J’ai eu immédiatement envie de créer un personnage qui pourrait capturer ce théâtre en déchéance, un performeur sans auditoire « véritable ». », dit Adcock. Le film est une belle élégie qui nous ramène aux origines du cinéma : en noir et blanc, muet, utilisant la performance théâtrale et la figure du clown, qui devient le véhicule idéal pour explorer la joie dans la misère.

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