© Michel Campeau, 2011

La collection des amoureux du petit cochon de Michel Campeau, première le mercredi 4 mai à 18h30 chez Dazibao

Première le mercredi 4 mai à 18 h 30, en présence de l’artiste, suivie d’un commentaire d’Hélène Samson, conservatrice au Musée McCord. Réservation requise.
Les 7 et 8 mai de 13 h à 18 h, l’œuvre est projetée en boucle, en présence de l’artiste.

Salle Fernand-Seguin de la Cinémathèque québécoise. Entrée libre.

Durant des décennies, le populaire restaurant Au Lutin qui bouffe a attiré rue Saint-Grégoire à Montréal toutes sortes de clients. Branding avant la lettre, le souvenir de cette institution s’est inscrit dans l’imaginaire populaire sous une image cocasse, à la limite du burlesque : soir après soir, des clients tout sourire se faisaient tirer le portrait donnant le biberon et tirant la queue d’un vrai petit cochon, poussé jusqu’à leur table sur une desserte. Ces photographies issues d’une «théâtralité spontanée» et rejouée pendant près de trente-cinq ans existent dans une variété infinie de déclinaisons. Elles ont presque toutes été prises par Jean-Paul Cuerrier, photographe ayant exercé son métier dans l’anonymat, hormis pour le label inscrit en filigrane des images. Les tirages étaient vendus et conservés jalousement dans les albums personnels de ceux, anonymes ou célèbres, ayant été photographiés avec le cochonnet emblématique. Pour réaliser son film, Michel Campeau a assemblé, à partir d’une découverte faite parmi les trésors de sa mère, une collection de ces portraits inusités.

La collection des amoureux du petit cochon propose une digression, un chemin alternatif s’alimentant de la recherche qu’a menée dans les dernières années l’artiste sur la disparition des chambres noires. En relisant, réorganisant en une nouvelle œuvre ces photographies noir et blanc, Campeau interroge amicalement la mémoire individuelle des protagonistes du rituel du petit cochon, de même que l’histoire collective populaire qui tend à s’effacer à mesure que disparaissent les individus qui la portent. La jovialité originale de la scène est préservée quoique non intacte : on perçoit, presque nettement désormais, la mélodie en mode mineur de la composition.

À l’occasion de la première de l’œuvre, le 4 mai, sera lancé Groin, Groins!, un folioscope conçu par Michel Campeau qui offre une variation sur le motif. Un commentaire d’Hélène Samson, Conservatrice des Archives photographiques Notman, du Musée McCord, suivra la présentation le soir de la première.

La collection des amoureux du petit cochon de Michel Campeau a été produit dans le cadre de notre programme de résidence en collaboration avec PRIM.

Les œuvres de Michel Campeau jalonnent les cinq dernières décennies de la photographie contemporaine. Michel Campeau a reçu la Bourse Jean-Paul Riopelle octroyée par le Conseil des arts et des lettres du Québec en 2009-2010 et il est l’actuel lauréat du Prix du Duc et de la Duchesse d’York en photographie alloué par le Conseil des Arts du Canada. Son travail est le sujet de plusieurs publications et un album consacré aux photographies du restaurant Au Lutin qui bouffe paraîtra en 2011 dans la collection in almost every picture à Amsterdam aux Pays-Bas. L’artiste est représenté par la Galerie Simon Blais à Montréal et ses œuvres font partie de nombreuses collections, tant au Canada qu’à l’étranger.

Hélène Samson est conservatrice des Archives photographiques Notman au Musée McCord. Elle s’intéresse à l’actualisation et à l’exposition des archives photographiques, ainsi qu’à l’histoire technique et sociale de la photographie vernaculaire.

Dazibao remercie l’artiste, Hélène Samson et PRIM de leur généreuse collaboration ainsi que ses membres pour leur soutien.
Dazibao reçoit l’appui financier du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de Montréal. Dazibao est membre du Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec.
 

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