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Marmelade de Paolo Almario

Exposition jusqu'au 30 mai à l'Écart

« Ce dispositif raconte ma vie. »
— Paolo Almario

Une machine imposante, froide, tranchante, un mécanisme menaçant. Cette structure ressemble à une maison. Comme la maison de la famille Almario, elle est destinée à être détruite. Des portraits de magistrats colombiens ornent les murs. Ils ont signé l’ordre d’arrêter le père Almario en se basant sur de faux témoignages. Leurs visages, composés d’étiquettes de confiture colombienne, sont programmés pour être émiettés devant nos yeux. Sur la table, du pain et de la marmelade sont à notre disposition. Le pouvoir politique est entre nos mains. C’est ainsi qu’on distribue le pouvoir en Colombie, de façon irrégulière, comme on tartine une tranche de pain.

« De 2011 à 2015, j’ai fait mes expositions avec seule ambition de faire libérer mon père. » C’était osé, au début, d’accuser ces magistrats. Mais les enquêtes, petit à petit, ont prouvé leur crime. L’un d’eux est d’ailleurs en fuite au Canada.

Son père est finalement relâché grâce à l’aide d’une ONG qui prend connaissance de l’exposition. Paolo Almario, victorieux, est épuisé. Sa famille reste une miette de la grande histoire. Les accusations, les investigations, ça n’arrête pas. Marmelade fait appel à l’universalité. « Qu’est-ce qui déclenche une violence aussi grosse comme détruire la maison de quelqu’un? » nous demande l’artiste.