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Cartes universelles pour voyage sédentaire de Violaine Lafortune

Vernissage le jeudi 18 janvier à 17h30 à Arprim

Dans l’exposition Cartes universelles pour voyage sédentaire, Violaine Lafortune s’intéresse à la cartographie, plus spécifiquement à la quasi-obsolescence des cartes sur papier, par une série d’estampes supplémentées d’une application mobile. Détournant le potentiel de reproductibilité des arts d’impression en créant des variantes à partir de matrices d’aluminium et de polyester, l’artiste explore les concepts d’effacement et de transformation, en adéquation avec les profonds changements que le numérique induit sur notre manière d’être au monde

Le corpus de l’exposition est tiré d’une réflexion quant au passage des cartes physiques à celles de Google Maps et autres applications de cartographie numérique avec lesquelles nous nous orientons. Pour l’artiste, les outils numériques, bien que plus rapides et plus performants, ont pour désavantage de court-circuiter la possibilité de déambulations, de découvertes fortuites et d’autres hasards découlant de l’inefficience et de la vulnérabilité de l’outil papier. La quête d’efficacité au quotidien, la rapidité – par exemple, de se rendre à destination – et le caractère prescriptif des trajets proposés (et approuvés par Google) apparaissent comme des signes d’une société en accélération constante à laquelle les œuvres tentent de faire réfléchir.

La lithographie est ici utilisée pour créer des séries de cartes, toutes différentes, dont les motifs topographiques irréels semblent disparaître ou s’effacer. Pour cause; l’artiste intervient sur les plaques encrées avant l’impression, pour retirer le pigment sur certaines parties et ainsi transformer les images. Ce procédé, que l’artiste qualifie « d’à la fois intuitif et contre-productif » court-circuite la fonction des arts d’impression de produire des tirages identiques. Ici, la reproductibilité de l’objet papier est plutôt évoquée dans le dispositif d’installation, où de nombreuses cartes pliées et roulées se retrouvent. Si certaines sont consultables, c’est plutôt par un code QR renvoyant à une application mobile créée par l’artiste que les cartes se déploient réellement. En effet, en utilisant son téléphone ou l’un de ceux mis à disposition dans la salle d’exposition, nous pouvons définir un parcours virtuel dans les estampes qui s’y trouvent reproduites numériquement, un voyage improductif voire inutile dans ce que Lafortune décrit comme un «Google Maps simplifié et contemplatif».

Dans un renversement des usages, le corpus de Cartes universelles pour voyage sédentaire assigne une fonction esthétique à l’application mobile, là où il n’y a normalement qu’une expectative de rendement. En explorant les cartes, en jouant avec les échelles, les territoires et les temporalités, il est possible d’accéder à un espace virtuel allusif invitant à ralentir le rythme, là où aucun itinéraire ne nous contraint.

– Texte d’exposition de Marie-Pier Bocquet

 

Lancement

Le livre d’artiste Et si je me permettais de briser ces silences est une invitation à se porter à la rencontre, par la poésie et l’art, des tabous entourant le deuil périnatal. Comme un cri lancé à qui voudra bien l’entendre, ces poèmes abordent ce qui demeure immuable et si universel : la mort.

Myriam Tousignant explore les arts imprimés et la poésie visuelle par le biais d’œuvres sur papier, d’installations et de livres d’artistes. Sa démarche artistique se développe autour d’une conception élargie du portrait comme porte d’entrée pour explorer les concepts d’identité, de filiation et d’histoire familiale. En transformant ou en recontextualisant des matériaux d’archives (textuelles, photographiques) le plus souvent près d’elle, elle développe une pratique sensible qui rend hommage au passé et qui témoigne aussi d’un certain héritage commun ou d’un patrimoine immatériel informant le présent. En ce sens, son travail s’intéresse au passage de l’individuel au collectif par l’entremise d’enjeux sociaux, de pratiques culturelles ou de traditions liés au territoire et à l’histoire du Québec. Ses œuvres possèdent une dimension volontairement nostalgique qui porte sur la commémoration et les affects.

Ce corpus multidisciplinaire a été réalisé dans le cadre du Projet Interventions poétiques au courant de 2023 avec l’appui de l’organisme Langues pendues.