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Albert Picard et Bruno Mainville

Vernissage le vendredi 22 février à 17h à Vaste et Vague

Peinture
Bruno MAINVILLE |Bonaventure, Québec

Dans cette recherche intitulée LE CHEMIN OBSCUR, l’artiste explore l’espace pictural, jusqu’aux limites de la peinture, qu’il sort de son cadre rectangulaire conventionnel. Il travaille sur des supports de formes variées, et se rapproche dans certaines œuvres d’une pratique installative.

Le thème de son exploration est la quête d’harmonie et de vérité qui habite plus ou moins consciemment chacun de nous. Le mythe biblique du Jardin d’Éden inspire une série d’œuvres parfois ludiques, parfois plus graves, où cette quête se manifeste comme « chemin obscur », sentier intérieur semé de pièges et d’illusions.

La peinture-objet, développée par Frank Stella vers la fin des années ’50, soulignait les conditions matérielles de la peinture en rapport avec son support, qu’elle débordait et couvrait jusque sur ses bords. Bruno Mainville reprend cette idée de souligner la matérialité des œuvres, mais il rend aussi à la peinture son pouvoir d’illusion, qui permet de créer de fausses impressions de tridimensionnalité, de lumière et d’ombre, de texture, jusqu’à rejoindre parfois la tradition du trompe-l’œil.

Il fait ainsi se rejoindre deux pôles opposés de la peinture en jouant sur les limites entre illusion et présence concrète, matérielle de l’objet d’art. Ceci lui permet de lier fortement le langage formel des œuvres et l’opposition entre vérité et illusion qui est au cœur de son sujet.

 

Photographie
Albert PICARD | New Richmond, Québec

ALCAZAR DE CARTON est une exposition photographique de l’artiste gaspésien Albert Picard qui documente les vestiges de la cartonnerie Smurfit Stone de New Richmond dont les opérations ont cessés en 2005.

La cartonnerie Smurfit Stone Container (New Richmond) a cessé ses activités en 2005. Pourtant, lors de son ouverture, quarante ans plus tôt, les trompettes de l’inauguration annonçaient pour des générations à venir des ressources infinies et une demande intarissable. Le pouvoir de représentation des photographies qui en sont issues est somme toute assez pauvre. Néanmoins, elles amalgament un ensemble devenu chaotique, infesté par les empreintes de vestiges cisaillés, bosselés, et abandonnés à leur sort. Tel est le résultat de l’histoire officielle qui a trop poli, voire aplani ce paysage, accélérant ainsi sa désintégration matérielle au sol et intemporelle dans les esprits et les mémoires. C’est à l’opposé des expectatives de la génération des gens qui ont accueilli l’usine vers 1965. Avec ce projet photographique, l’artiste nous invite à examiner une dimension obscure de l’action humaine.

Derrière une clôture sertie de broches barbelées, qui confinait la cartonnerie dans son périmètre, se révèle la société moderne sous son règne actuel, en mutation sous la roue dentelée du progrès, en concordance avec les valeurs du XXIe siècle. Nous vivons avec la mondialisation, l’économie virtuelle, le capitalisme des marchandises libre-échangées, les délices de ce que nous propose le capital international et, à la fois, avec le cloisonnement des territoires, ce qui n’est pas peu paradoxal.

Les fils de fer chancelants laissent pénétrer les rumeurs du jour. L’Histoire se renouvelle. De la ligne Maginot, à la clôture de sécurité israélienne, et au futur mur des États-Unis, il y a toujours des interstices, comme si c’était un tricot de laine, encore bien au goût du jour, sur notre planète, où fourmillent en colonnes les migrants. Des messages codés apparaissent sur les écriteaux : « PROPRIÉTÉ PRIVÉE », « DANGER », « HAUTE TENSION ». Ces vestiges prennent l’aspect symbolique d’un corps vide que l’avenir arrivera à combler dans un jeu économique de négociations et de barrières tarifaires.