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Éliane Excoffier et Clara Lacasse

Exposition du 8 janvier au 13 février à VU

Éliane Excoffier – Mille lieues

Il y a eu un moment, une lumière qui est passée par là et qui s’est posée sur cette branche, sur ce rocher, sur la surface de cette eau. Une onde a produit une légère brise, a soulevé des feuilles mortes reposant au sol. Il y a eu le temps qui a bougé, qui a dansé avec les lieux, sans que nous leur ayons véritablement porté attention. Une impression de se retrouver à des lieues, d’un seul coup, comme au moment de souffler sur les bougies d’un gâteau : voilà un autre instant, voilà d’autres lustres. Voilà ce monde qui ne tient pas dans les mesures du temps et de l’espace. On a l’impression que quelque chose vit là; on observe des indices de cette présence; on attend, puis on pressent. Tout ce qui se trouve là – devant, dans, sur, autour – est vivant. Rien d’inventé, rien d’altéré. Que ces créatures qui possèdent leur propre magie.

Éliane Excoffier nous invite à entrer dans des univers qui ont ainsi leur propre vie, leurs propres énigmes. Alors que l’artiste nous a habitués, par le passé, tantôt aux représentations du corps féminin, tantôt aux figures animales, elle nous amène ici, avec sa nouvelle recherche, à voir les espaces pour ce qu’ils sont, sans qu’ils soient pour autant déserts. Bien au contraire, des présences s’y multiplient, et nous poussent à voir ce qui peuple ces mondes parallèles où s’invalide la frontière que l’on cherche incessamment à tracer entre le réel et l’imaginaire.

 

Clara Lacasse – Nouvelle aube

Au-dessus de cette forêt, le ciel est fait de fenêtres de verre. De grands arbres poussent, entourés de filets, de conduits d’aération, de murs sur lesquels de faux horizons ont été dessinés. La température est réglée, à l’abri de ce qu’il se passe au-dehors. Nous sommes tenus à l’écart, pour un temps, pour que l’on puisse reconstruire, reconfigurer, repenser. La forêt s’offre ainsi un temps de repos, tel un jardin, en attente d’un prochain commencement. Puis ses portes s’ouvriront à nouveau, et l’on pourra circuler dans les corridors, le long des parois, monter les escaliers menant plus haut. Ce sera pour nous l’occasion d’observer quelles lumières nous parviendront dans ce monde que nous avons composé de toutes pièces.

Après avoir documenté les travaux de rénovation du Biodôme de Montréal, qui se sont étalés sur une période de plus de deux ans, Clara Lacasse examine les rapports affectifs que nous entretenons aujourd’hui avec cette institution, son architecture et le vivant qui s’y déploie. Il a certainement fallu un peu de folie pour créer et entretenir un tel univers, et l’artiste présente un regard critique sur celui-ci en évitant avec finesse toute condamnation ou toute moralisation. Elle nous propose plutôt de retourner notre regard sur nous-mêmes et de réfléchir au rôle que nous pouvons jouer dans nos écosystèmes afin de nous imaginer ce qui deviendra.