Danièle Routaboule, vernissage le mercredi 8 juin à 17h dans la vitrine MAQ du lien piétonnier du Palais des congrès de Montréal

Montréal entre eau et béton
Figure essentielle de l’enseignement de l’architecture de paysage au Québec, Danièle Routaboule poursuit également une démarche en arts visuels et en photographie qui trouve ici l’une de ses expressions les plus abouties, par la fusion qu’elle y réalise entre perception artistique et compréhension d’une architecture riche de la mémoire du lieu.

Attirée depuis longtemps par l’interférence de phénomènes naturels sur la perception du paysage, Danièle Routaboule s’intéresse ici à la base des hangars du quai Jacques Cartier. Les énormes colonnes qui supportent ce quai sont constamment transfigurées par les jeux d’ombres et de lumières que provoque le soleil, filtré à travers les passerelles du niveau supérieur. Ces percées lumineuses viennent construire, et sans cesse renouveler, des architectures fictives. Parfois, les miroitements de l’eau se projettent sur la base des colonnes et dématérialisent cette lourde structure en paraissant la faire flotter et la mettre en mouvement.

Dans ces images aux couleurs chatoyantes, séduisantes en première lecture, l’artiste capte un rapport au temps mais aussi à l’architecture différent de celui dont on est conscient. C’est le temps des intermittences, mouvant, rapide, fugitif. Le temps des éclairages changeants qui modifient notre perception de l’espace, de ses éléments architecturaux et des matériaux qui le composent.

Une recherche historique de Silvia Spampinato et une mise en présentation de la designer stagiaire Émile Gagnon complètent cette présentation, visible pendant toutes les heures où il est possible de circuler dans le réseau piétonnier du Palais.

Danièle Routaboule Danièle Routaboule s’est intéressée dès l’adolescence aux arts visuels, exposant ses toiles à Paris, sa ville d’origine, y recevant prix et distinctions. Puis l’architecture de paysage et l’urbanisme la retrouvent à Montréal comme professionnelle en pratique privée, et enfin comme professeure honoraire à l’École d’architecture de paysage de l’Université de Montréal. Ses recherches et son enseignement, dans ce contexte, ont principalement porté sur l’union de l’art et des expressions paysagères contemporaines.

Danièle Routaboule a toujours utilisé la photographie de paysage afin d’illustrer ses propos. Cette pratique photographique, constamment entretenue, doublée de la nécessité de capter l’essentiel, aiguisait son regard. Il y a dix ans, elle a décidé de s’y consacrer exclusivement et d’en approfondir les possibilités. Son champ d’exploration traite principalement de l’éphémère et de l’interaction de processus naturels sur la perception du monde qui nous entoure. Elle expose régulièrement dans des galeries et des Maisons de la Culture de Montréal, et à l’étranger.

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