Catherine Béchard, Sabin Hudon et Éva Chatigny, vernissage le vendredi 19 novembre à 17h chez B-312

Catherine Béchard et Sabin Hudon
La chute des potentiels

La Galerie B-312 est heureuse de présenter La chute des potentiels, la plus récente installation du duo formé par Catherine Béchard et Sabin Hudon. Au premier coup d’œil, les cannes à pêche assemblées en cercle attirent le regard. Puis, on remarque au sol les réseaux de fils électriques entremêlés avec, au centre, une panoplie de récipients de verre. Néanmoins, il est nécessaire d’approcher l’œuvre pour l’appréhender. En effet, des senseurs infrarouges détectent la présence de visiteurs et activent une séquence programmée de mouvements, dont les résultats varient selon les circonstances. Les cannes à pêche plongent vers les récipients ; au contact du verre, des moteurs vibratoires installés en guise de leurre produisent des sons tantôt fébriles, tantôt délicats. Le choix des objets de verre ainsi que leur disposition laissent transparaître une recherche acoustique nuancée. Si la relation entre le spectateur et l’installation est essentielle à son fonctionnement, c’est le son, employé comme matériau sculptural, qui permet à l’œuvre d’occuper et de transformer l’espace environnant.—Une stratégie commune à plusieurs œuvres de Catherine Béchard et de Sabin Hudon est le détournement de formes familières par l’incorporation de mouvements mécaniques ou la production de sons inattendus. Les objets employés dans l’installation, parce qu’ils renvoient à des expériences ou à des connaissances culturelles, évoquent à priori des images spécifiques. Par exemple, les cannes à pêche conjurent à l’esprit l’action de pêcher ou de capturer quelque chose. Dans l’installation, le mouvement de va-et-vient des cannes à pêche leur donne plutôt une allure organique. Cette transformation ouvre la voie à la création de nouvelles associations. Du côté acoustique, les récipients de verre rappellent plusieurs sons : qu’il soit effleuré, tinté ou brisé, le verre produit des sons caractéristiques. Par contre, le contact des moteurs vibratoires contre les parois de verre produit un effet différent. Le spectateur découvre un carillon insoupçonné et plonge dans un nouvel univers sonore. Pour Catherine Béchard et Sabin Hudon, chaque installation donne corps à un propos consacré aux éléments impalpables du microcosme social. L’opposition des composantes familières et des mécanismes aux effets inattendus confère aussi à l’œuvre une richesse poétique qui ouvre la voie à une variété d’associations et d’interprétations.
 
—Mathieu Ménard

Catherine Béchard et Sabin Hudon forment un tandem d’artistes depuis 1999. Ils vivent et travaillent à Montréal.—Tous deux s’intéressent aux bruits et aux sons qu’ils actualisent à même des propositions esthétiques variées : sculpture, installation cinétique, art audio et performance.—Ils ont présenté des expositions individuelles à Séquence (Chicoutimi, 2009), Oboro (Montréal, 2008), Galerie Sans Nom (Moncton, 2008), Latitude 53 (Edmonton, 2008), Action Art Actuel (Saint-Jean-Sur-Richelieu, 2006), aceartinc. (Winnipeg, 2005), Avatar (Québec, 2004) et  à la Chapelle historique du Bon-Pasteur (Montréal, 2002). Leur travail a été présenté lors d’expositions collectives, d’événements et de festivals au Canada et aux États-Unis, notamment au Mois Multi (Québec 2010), à la Galerie Graff (Montréal, 2005) et à la Eyedrum Art and Music Gallery (Atlanta, 2003). À l’automne 2010, ils présentaient La chute des potentiels au Tina B. Festival  (Prague). Une monographie sur leurs oeuvres sera publiée au printemps 2011 aux Éditions Oboro.

La Galerie B-312 remercie ses membres et donateurs, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts de Montréal, et les Brasseurs RJ. Les artistes remercient le Conseil des arts et des lettres du Québec. Collaborateur : Marc Juneau, design de l’interface de programmation et des cartes contrôleurs.

Éva Chatigny
Un peu plus loin devant

La Galerie B-312 est heureuse d’accueillir dans sa petite salle Un peu plus loin devant, la plus récente exposition d’Éva Chatigny. En raison de leur aspect, de leur disposition et de leur échelle, les objets s’apparentent à du mobilier ou à des maquettes. Toutefois, les matériaux employés – morceaux de bois et de contreplaqué, avec des interventions de plâtre ou de peinture – font allusion à une échelle plus grande, celle de l’architecture. Les oeuvres d’Éva Chatigny sont le fruit d’un processus créatif divisé en étapes définies. Tel un clin d’oeil à la figure de l’artiste-flâneur, l’artiste tire d’abord son inspiration de ses déplacements quotidiens dans la ville, la banlieue et la campagne. Ensuite, ces trajets sont documentés par la photographie, qui à son tour devient le point de départ de la création des objets. Cette démarche délibérée, au terme de plusieurs étapes, engendre paradoxalement des objets d’allure dépouillée.—Dans ce processus, les photos prises par Éva Chatigny sont dépourvues des indices usuels qui suggèrent l’expérience tridimensionnelle de l’espace, comme les angles et les points de fuite. Lorsqu’elle crée ses objets, l’artiste doit donc extrapoler mentalement le volume en se référant à son expérience corporelle de l’espace photographié. De fait, il peut être intéressant de tracer un parallèle entre la méthode de travail d’Éva Chatigny et le fonctionnement biologique de la perception. L’information captée par l’oeil et envoyée au cortex visuel est plane. Avant de rejoindre les lobes frontaux, qui jouent un rôle crucial dans la formation de la pensée, cette information est transformée, schématisée. Si cette transformation mentale permet d’appréhender l’espace dans son volume, elle engendre aussi une certaine simplification. Plutôt que de saisir tous les détails en leur accordant la même importance, les lobes frontaux priorisent l’information propre à guider nos déplacements. Ainsi, l’environnement est résumé à ses grandes lignes, auxquelles s’ajoutent quelques attributs suffisamment uniques pour devenir mémorables.—De cette manière, les créations d’Éva Chatigny révèlent les schémas architecturaux propres aux paysages urbains. La structure de bois incarne l’aspect macroscopique du paysage. Mis en relation les uns aux autres, les objets s’abordent comme autant de variations sur un même thème. Les ajouts de plâtre confèrent un aspect unique à chaque objet. Ces détails incarnent l’univers microscopique de la perception. Dans la mesure où l’interprétation de l’environnement et de ses traits distinctifs varie d’une personne à l’autre, Un peu plus loin devant s’envisage comme une excursion visuelle dans la façon de penser de l’artiste, mais aussi comme l’occasion de repenser à notre façon d’appréhender l’espace.

—Mathieu MénardÉva Chatigny est née à Lévis. Après avoir complété une formation à la Maison des métiers d’art de Québec, elle poursuit  des études à l’École des arts visuels de l’Université Laval et y termine une maîtrise en 2010. Elle a présenté des expositions individuelles à la Galerie Le 36 (2009, Québec) et à la Galerie Rouje (2007, Québec). En 2009, on a pu voir son travail lors d’expositions collectives à la Galerie Art Mûr (Montréal), à la Galerie Tzara (Québec) et au centre en art actuel  Le Lieu (Québec). Elle est récipiendaire de la Bourse René-Richard (2007 et 2009), de la Bourse Hydro-Québec (2008) et de la Bourse de l’Association des femmes diplômées des universités (2008).

Éva Chatigny est née à Lévis. Après avoir complété une formation à la Maison des métiers d’art de Québec, elle poursuit  des études à l’École des arts visuels de l’Université Laval et y termine une maîtrise en 2010. Elle a présenté des expositions individuelles à la Galerie Le 36 (2009, Québec) et à la Galerie Rouje (2007, Québec). En 2009, on a pu voir son travail lors d’expositions collectives à la Galerie Art Mûr (Montréal), à la Galerie Tzara (Québec) et au centre en art actuel  Le Lieu (Québec). Elle est récipiendaire de la Bourse René-Richard (2007 et 2009), de la Bourse Hydro-Québec (2008) et de la Bourse de l’Association des femmes diplômées des universités (2008).
 

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