Caitlin Erskine-Smith et Vita Plume, exposition du 15 avril au 22 mai chez MATERIA

Du 15 avril au 22 mai 2011, le Centre MATERIA présentera les œuvres de deux artistes, Vita Plume (Raleigh, États-Unis) et Caitlin Erskine-Smith (Toronto, Canada), dont les propos se rejoignent puisque leurs œuvres tissées explorent le rôle du textile comme moyen de communication et de renforcement de l’identité. Cette exposition, qui traite de la communication, de l’identité culturelle et de l’importance de la langue écrite, allie les techniques traditionnelles aux plus récents développements technologiques.

VITA PLUME

Les œuvres bouleversantes de l’artiste chevronnée Vita Plume témoignent de son questionnement quant à l’expérience vécue par un immigrant dans un contexte de déracinement culturel. Sur les visages tourmentés de ses personnages, on peut lire la propre recherche identitaire de l’artiste. Née au Canada, vivant aux États-Unis, mais demeurée émotionnellement très attachée à la Lettonie natale de ses parents, elle exprime les tiraillements d’une âme partagée entre deux identités ainsi que la dualité liée au fait d’exister simultanément dans des cultures multiples. Faisant preuve d’une grande maîtrise des techniques traditionnelles et modernes, ses œuvres évoquent à la fois la beauté des symboles typiquement lettons et la sourde angoisse d’un peuple marqué par l’émigration massive qui fit suite à la Seconde Guerre mondiale. Vita Plume conserve la richesse de son héritage letton, certes, mais elle refuse qu’au niveau de la couleur et du motif, son travail ne soit dicté que par de strictes références à la culture traditionnelle. Non seulement elle s’en détache afin d’accentuer les dilemmes politiques et sociaux auxquels font face les expatriés, mais elle croit aussi que les changements apportés au fil du temps à une culture sont nécessaires à sa vitalité.

Par le tissage au métier Jacquard et des techniques de shibori tissage, le travail de Plume laisse transparaître des portraits chargés d’émotion. Volontairement déformés, ces portraits, accompagnés de textes et de motifs, illustrent de façon métaphorique les transformations et l’instabilité de la mémoire, de l’identité, de la culture et de la tradition.

CAITLIN ERSKINE-SMITH

Après avoir étudié l’art et le design en Europe, en Amérique du Sud et en Nouvelle-Écosse, Caitlin Erskine-Smith s’est servie de ses expériences de voyages et d’échanges interculturels pour créer un art textile axé sur le sens de la communication et sur le processus selon lequel celle-ci s’effectue. Son travail traite des conflits modernes relatifs à l’identité et à la langue, dans le contexte d’un monde dynamique et changeant. Également intriguée par le langage et par la façon dont peut être maintenue la cohérence entre la signification prévue et le message effectivement véhiculé, ses travaux de tissage visent à déconstruire le processus de la communication, explorant comment des messages peuvent être entièrement perdus, brouillés ou déformés. L’artiste maniant le langage, les filtres, la compréhension et l’expression, ses œuvres nous montrent un entrelacement de lettres et de mots qu’on ne réussit plus à décoder.
 
Dans ses travaux précédents, Caitlin Erskine-Smith traitait les fils comme une toile, les peignant avant de les tisser de façon à ce que différents messages et images s’entremêlent. Reprenant l’expérience acquise par ce travail, elle y a incorporé de nouveaux aspects qui reflètent la façon dont l’information est produite et distribuée.
 
Les tissages de ces deux artistes révèlent une grande maîtrise technique en plus de mettre de l’avant un art textile qui témoigne avec force de l’identité, personnelle et culturelle.

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