ABSTrACTS / RÉSuMÉS de Michèle Provost, vernissage le vendredi 14 octobre à 17h à La Galerie du Nouvel-Ontario

Comment peut-on  traduire en mots la magie qui s’opère lorsque l’on est en  présence d’une œuvre d’art sans dénaturer le travail de l’artiste ? C’est la question que nous pose Michèle provost  dans son exposition (ABSTrACTS/RÉSuMÉS).  L’artiste transforme des textes spécialisés en art contemporain dans une série d’œuvres brodées ou imprimées à la main.

(ABSTrACTS / RéSuMÉS) se penche sur le rôle de l’écrit en art visuel, et sur son importance déterminante dans la création et la dissémination de l’art contemporain.  Michèle Provost  explique : « L’installation est le fruit d’une réflexion de longue date, catalysée par la lecture d’un article sur l’oeuvre de Marcel Dzama, un artiste dont j’observe le travail depuis plusieurs années, et que j’ai eu le plaisir d’admirer en personne dans différentes galeries et musées. L’article, paru dans la revue Canadian Art, était certes exact, d’une plume impeccable, proposant une thèse pertinente et abondamment illustré. Cependant, il demeurait inapte à transmettre la magie qui opère en présence physique de l’œuvre de Dzama. Étant traductrice de formation, je suis bien consciente des petites trahisons qui se produisent dans le simple transfert d’un code verbal à un autre. Par ailleurs, nous sommes tous témoins des pertes encourues lorsqu’un livre est transformé en film. Il appert donc inévitable que l’exercice inverse, soit le passage du visuel au texte, donne aussi lieu à des pertes et à des actes de trahison, variant en importance. » L’œuvre a fait l’objet d’une première exposition à la Galerie d’art d’Ottawa en 2009-2010.

Sur un ton légèrement irrévérencieux, l’installation entreprend de transformer des textes spécialisés en art contemporain, en les « résumant » de façon tantôt aléatoire, toujours subjective, compromettant ainsi leur cohérence et leur sérieux, et exposant certaines tendances. À titre d’exemple, l’article sur Marcel Dzama se trouve résumé dans une oeuvre vidéo composée à partir des mots commençant par la lettre S. Un autre article sur Cindy Sherman, celui-ci brodé à la main sur papier,  comporte seulement les mots décrivant une femme. D’autres œuvres, également brodées ou imprimées à la main sur différents supports, figurent des mots d’actions, des épithètes, des paroles agressives, des références à des personnages célèbres, ou encore des extraits inusités, hors-contexte.

L’exercice, qui n’est pas étranger aux poèmes et à l’esprit dadaïste, vise à réapproprier le commentaire artistique dans le camp de l’artiste, tout en célébrant la connivence et le respect nécessaires à la poursuite d’une relation symbiotique entre les praticiens et les théoriciens de l’art contemporain.

Le vernissage (ABSTrACTS/RÉSuMÉS)  aura lieu à la GNO, 174 elgin, sudbury  le 14 octobre, à 17h,  en compagnie de Michèle Provost. L’allocution de l’artiste – livrée lors du vernissage –  ainsi qu’une entrevue de Michèle Provost seront disponibles à compter du 18 octobre au www.gn-o.org. L’exposition est présentée jusqu’au 19 novembre 2011. Heures d’ouverture, mardi au samedi, midi à 17hçà

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